Livret A : la chute du taux se poursuit en 2026, que vont réellement perdre les épargnants ?

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Le Livret A, c’est le doudou financier des Français. Mais à partir de 2026, ce bon vieux compagnon d’épargne perd sérieusement de sa superbe. Le taux chute encore, l’inflation minaude : que vont perdre, concrètement, les 56 millions de détenteurs ? Spoiler : il n’y aura pas de quoi pavoiser à l’ouverture du relevé annuel…

Livret A : la descente en mode silencieux

En 2026, c’est un choc discret, mais sacrément massif qui attend les épargnants : alors que 56 millions de livrets A sommeillent sur les étagères bancaires, le taux pourrait être raboté dès le 1er février. Après être passé à 2,4 % en février 2025, puis à 1,7 % en août, le taux viserait… le plancher : 1,5 % (et encore, dans le meilleur des mondes !).

À la louche, pour un livret plein à son plafond de 22 950 €, cela représente 344,25 € d’intérêts par an (qui a dit « fiesta » ?), soit à peine 29 € par mois. Autant dire qu’on ne va pas remplacer sa machine à laver tous les quatre matins avec ces gains !

Ce placement, perçu longtemps comme une valeur refuge, s’oriente de plus en plus vers une simple tirelire de court terme : il ne couvre même plus l’inflation sur l’alimentation ou les loyers, deux postes où le budget familial ne cesse pourtant de tanguer.

Pourquoi ce plongeon ? Une mécanique, pas une manigance

Derrière ce coup de froid, pas de guet-apens politique. Non, c’est la mécanique automatique qui tourne, implacable : deux fois par an, le taux est calculé selon la moyenne de l’inflation hors tabac et celle des taux interbancaires (€STER).

Que dit la calculette ? En 2026, la moyenne descend pile à 1,5 %. Voilà, c’est mathématique. Coincé entre inflation anémique et politique de la Banque centrale européenne (merci Christine Lagarde), dont la dernière baisse des taux en juin 2025 visait à donner un coup de fouet à l’économie européenne. Bonne nouvelle pour ceux qui empruntent, mais beaucoup moins pour ceux qui épargnent sagement depuis des années.

Tant que la croissance et l’inflation ne reprennent pas de la vigueur, inutile d’espérer un rebond du taux du Livret A. Bref, les mauvaises nouvelles pourraient bien continuer à s’enchaîner.

Combien les épargnants perdent-ils vraiment ?

Pour tous ceux qui gardent leurs économies sur un Livret A par habitude ou par prudence, la perte est silencieuse mais bien réelle. Ce n’est pas qu’une question de chiffre sur papier :

  • Les intérêts générés sont à peine supérieurs à ceux du simple gel de l’argent.
  • L’inflation, même faible, continue de rogner insidieusement le pouvoir d’achat.
  • Malgré cela, le Livret A reste majoritaire… par attachement culturel (on ne change pas une équipe qui rassure, même quand elle perd le match), ou faute d’alternatives perçues comme aussi sûres.

Côté ménages modestes, le Livret d’épargne populaire (LEP) avait longtemps constitué un rempart plus généreux, avec un taux de 2,7 %. Mais les jours heureux pourraient bien toucher à leur fin pour cet abri aussi :

  • En 2026, le taux du LEP peut chuter à 2 %, sauf coup de pouce de la Banque de France ou Bercy (qui sait, sur un malentendu…), mais ces gestes sont exceptionnels.
  • À 2 %, un LEP rempli à 10 000 € ne rapporte finalement que 200 € annuels.

C’est mieux que le Livret A, certes, mais dans les faits, cela ne bat plus vraiment l’inflation. L’alternative solide commence, elle aussi, à perdre ses couleurs.

Et maintenant, où cacher ses économies ?

Dans ce contexte macroéconomique guère folichon pour l’épargne réglementée, une grande partie des Français teste d’autres pistes :

  • Les assurances vie en fonds euros
  • Les comptes à terme
  • Et même, timidement, l’investissement (les frissons du risque commencent à titiller…)

La fin de la décennie 2020 verra peut-être s’effriter le dogme du Livret A comme bastion absolu de la sécurité. Pour l’instant, il reste le champion incontesté du cœur, même si l’amour, côté rendement, sent un peu le réchauffé.

Conseil à ceux qui zieutent leur Livret A avec nostalgie : surveillez de près les prochaines évolutions, et surtout, gardez l’œil sur les alternatives. Car si la sécurité a un prix, elle ne doit pas pour autant ruiner le plaisir d’épargner utilement !

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