Dans nos jardins méditerranéens, un drôle de phénomène se produit sous nos yeux, parfois sans qu’on s’en rende vraiment compte. Les petits lézards des murailles, autrefois rois de la cour de récré végétale, cèdent aujourd’hui la place à un nouveau venu tout droit venu d’Afrique du Nord… La tarente de Maurétanie. Mais ce joli squatteur à écailles, aussi inoffensif soit-il, risque-t-il chambouler durablement l’équilibre de la faune locale ? On vous dit tout, sans tirer la sonnette d’alarme, mais en gardant l’œil ouvert — comme un bon gecko.
Les lézards d’ici : un spectacle en péril
Regarder les petits lézards des murailles zigzaguer entre les pierres a longtemps été un plaisir simple mais précieux. Leur agilité, leurs courses dignes d’un Super Mario version reptile, ajoutent une vraie dose de vie dans nos jardins français. Ces créatures malicieuses font sourire les curieux du dimanche, tout en contribuant à la biodiversité.
- Pourtant, dans certaines régions, on les aperçoit de moins en moins souvent.
- Un sentiment de manque s’installe : aurait-on oublié de laisser du soleil sur les murets ? Ou alors… une autre espèce serait-elle en train de voler la vedette ?
La tarente de Maurétanie : reine du camouflage et nouvelle voisine
Venue d’Afrique du Nord, la tarente de Maurétanie s’est glissée sur le devant de la scène. Côté physique, difficile de ne pas la confondre avec ses cousines locales ! Toutefois, l’œil averti saura remarquer ses couleurs variées et ses motifs uniques, véritables tenues de camouflage naturelles, lui permettant de circuler incognito dans presque tous les décors.
Impressionnante par sa taille (allant jusqu’à 20 cm, pour ceux qui cherchent un record dans le jardin), elle n’est pourtant pas du tout dangereuse pour nous, bipèdes inquiets. Bien au contraire :
- Elle offre une touche exotique à la faune alentour.
- Elle aide à réguler les populations d’insectes, un argument de poids pour les amoureux des plantes victimes de pucerons et autres bestioles.
- Sa capacité d’adaptation est remarquable, comme en témoigne sa progression en France ces dernières décennies.
L’expansion discrète d’un gecko voyageur
Depuis les années 1980, la tarente de Maurétanie — une espèce de gecko — intrigue chercheurs et observateurs. Son parcours ? Un véritable road trip via les ports, avec une escale par l’Espagne et l’Italie, suivant astucieusement les routes commerciales.
- Dans le sud de la France, elle a petit à petit remplacé les lézards de muraille, notamment à Nice, Montpellier, Toulouse.
- Elle est aujourd’hui omniprésente dans les villes méditerranéennes, profitant des insectes attirés par les lumières nocturnes (et oui, les lampadaires sont devenus sa cantine !).
- Attention cependant : elle n’échappe pas aux dangers, pouvant finir proie de chats domestiques ou de rapaces opportunistes.
Son invasion ? Pas vraiment, car la tarente de Maurétanie bénéficie actuellement du statut d’espèce protégée et n’est pas considérée comme invasive. Autre particularité : cette squatteuse sympathique reste sensible aux variations climatiques et pourrait bien continuer à migrer selon les changements de température.
Son observation s’est étendue à Lyon, Bordeaux, Paris ou encore la Bretagne, grâce aux contributions citoyennes du programme « Geckolocalisation » mené par le laboratoire Évolution et diversité biologique avec la Société d’herpétologie française.
Faut-il s’inquiéter pour les lézards locaux ?
Le hic, bien entendu, c’est la cohabitation… Ou la compétition ? Jessica Côte, chercheuse à l’université Toulouse-3, relativise : difficile d’imaginer une vraie rivalité alimentaire. La raison ? Les tarentes sont nocturnes, alors que nos lézards communs préfèrent le soleil et vivent le jour. Du coup, les pistes d’une compétition féroce semblent minces — du moins pour le moment !
- Rien ne dit qu’elles bouleversent durablement l’équilibre actuel.
- Mais la question reste ouverte : l’impact de ce gecko sur les populations locales demeure incertain, et mérite une vigilance scientifique renouvelée.
En conclusion : la tarente de Maurétanie a su s’imposer avec discrétion et agilité dans nos jardins, sans souffler un mot plus haut que l’autre. Si vous l’apercevez, savourez ce brin d’exotisme, appréciez ses talents de régulatrice d’insectes, et continuez à observer la biodiversité évoluer tranquillement près de chez vous. Quant à nos petits lézards diurnes, rien ne sert de paniquer… mais observer, encore et toujours, voilà le vrai secret pour comprendre et protéger la vie qui nous entoure !
Passionné d’architecture intérieure et de beaux objets, Damian cultive depuis toujours un regard attentif sur l’art de vivre. Après plusieurs années passées dans le design et la communication, il lance Rive Gauche Décor pour partager ses découvertes, ses inspirations et ses coups de cœur. Entre adresses confidentielles, matières d’exception et tendances pointues, il dévoile chaque semaine une vision élégante de la maison, où chaque détail raconte une histoire.