On aurait pu croire qu’avec leurs piquants, les hérissons étaient parés pour toutes les galères. Et pourtant, dans nos villages et lotissements, leur survie est un vrai parcours du combattant. Bonne nouvelle : en cette fin d’automne, un geste simple de votre part peut littéralement changer la (petite) donne. Suivez le guide, c’est facile et utile – et en plus, ça se fait en pantoufles.
Pourquoi les hérissons disparaissent-ils si vite de nos jardins ?
Le constat est sans appel : on croise de moins en moins de hérissons dans nos coins de verdure, et pour cause. L’urbanisation a resserré les clôtures, aplani les pelouses, illuminé les allées et surtout, appauvri la petite faune dont le hérisson se nourrit à coups de produits chimiques bien peu appétissants. Nos alliés à piquants se retrouvent donc dépourvus – non seulement d’abris décents, mais aussi de nourriture à se mettre sous la dent (ou plutôt sous la truffe !).
Les obstacles s’accumulent :
- Disparition des haies et pelouses rasées : pas facile pour le hérisson de jouer à cache-cache ou de trouver un coin tranquille.
- Clôtures sans passages : finies les virées nocturnes d’un jardin à l’autre.
- Pesticides : menu du soir bien maigre, surtout pour les plus jeunes.
- Routes : chaque nuit, trop d’entre eux laissent leur peau au cours d’une traversée malheureuse.
- Gestes quotidiens à risque : tondre à la tombée du jour ou brûler des tas de feuilles sans vérifier = danger potentiel en embuscade.
Le défi de l’hiver : trouver un abri sûr
Dès décembre, le froid gagne du terrain et la période d’hibernation commence. Pour le hérisson, c’est simple : pas de cachette sûre et isolée, gros risque de ne pas revoir le printemps. Lorsqu’il n’y a plus grand-chose à grignoter et que le thermomètre descend, le hérisson passe en mode économie d’énergie. Son corps ralentit, il tient la pause jusqu’aux beaux jours… pourvu qu’il soit au sec, à l’abri du vent, des prédateurs et confortablement isolé par une bonne litière.
Ce sont surtout les plus jeunes, encore bien légers, qui paient le prix fort. Pourtant, un simple coin discret, bien aménagé dans un jardin tranquille, peut faire la différence et améliorer considérablement leurs chances de s’en sortir.
La maison à hérisson : le geste qui change tout
Envie de passer à l’action ? Installer une maisonnette à hérisson est la solution la plus rapide et la plus efficace à portée de main. En bois non traité – pour que ça respire et que ça isole –, une entrée de 13 cm sur 13 cm suffit : de quoi laisser passer l’hôte sans inviter les voisins plus costauds. À l’intérieur, quelques feuilles mortes, un peu de paille ou de foin, et le tour est joué. Il ne reste qu’à glisser l’abri sous une haie, à côté d’un tas de bois ou contre un mur, toujours bien protégé des intempéries. Pour les moins bricoleurs, les enseignes de jardinage proposent des modèles tout prêts qui s’intègrent parfaitement dans un aménagement naturel.
La récompense ? Un hérisson installé régule limaces, escargots et insectes un peu trop envahissants, le tout sans aucun produit chimique. Dans les quartiers où les jardins se touchent, sa présence limite les traitements et soutient la biodiversité… ainsi que la santé du sol.
Un geste qui rayonne : la force du collectif
Et si l’initiative ne s’arrêtait pas à votre clôture ? En partageant l’idée, vous amplifiez l’impact. Certaines associations de quartier organisent des ateliers pour fabriquer des abris ou lancer des comptages participatifs. Quelques trouées dans les clôtures pour relier les jardins, quelques avertissements aux voisins, un coup d’œil aux zones à risque autour des routes : chaque abri installé augmente réellement la capacité d’accueil locale, et chaque passage créé fluidifie les déplacements de la petite faune.
L’hiver arrive à grandes enjambées, mais il reste du temps pour agir – idéalement dès ce week-end. Parfois, il suffit d’un espace discret, de quelques matériaux simples, et la vie reprend ses droits, blottie sous les feuilles. Vous voyez, sauver des hérissons, ce n’est pas sorcier. C’est même chaleureux – pour eux comme pour nous.
Passionné d’architecture intérieure et de beaux objets, Damian cultive depuis toujours un regard attentif sur l’art de vivre. Après plusieurs années passées dans le design et la communication, il lance Rive Gauche Décor pour partager ses découvertes, ses inspirations et ses coups de cœur. Entre adresses confidentielles, matières d’exception et tendances pointues, il dévoile chaque semaine une vision élégante de la maison, où chaque détail raconte une histoire.