Ce « miracle de la nature » pousse à vitesse record et capture dix fois plus de CO₂ : connaissez-vous le paulownia ?

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Quatre mètres en quatre mois : non, ce n’est pas le dernier exploit d’un superhéros du jardin, mais bien la prouesse du paulownia, ce géant vert venu d’Asie qui intrigue, séduit et soulève moult questions sur les terres du Finistère.

Un arbre pas comme les autres : le phénomène Paulownia

À Locmélar, près de Landivisiau, deux frères au regard tourné vers l’avenir, Stéphane et Jérôme Gueguen, ont décidé il y a un peu plus d’un an de tenter l’expérience. Leur recette : une parcelle d’un hectare, des plants de paulownia de la variété Phoenix One® (adaptée au gel jusqu’à -10°C), et une bonne dose d’audace. Sandrine Berkel, cofondatrice de l’entreprise Arbre Paulownia basée à Plougoulm, le souligne sans détour : « Ce sont des pionniers ! »

Ce qui frappe, c’est la folle vitesse de croissance : en juin 2022, les jeunes arbres sont plantés ; un an plus tard (après une taille de printemps pour garantir une pousse bien droite et homogène), ils culminent déjà à 4 mètres. Non, vous ne rêvez pas : on parle ici de la catégorie Usain Bolt du monde végétal !

Pourquoi un tel engouement ? Avantages et promesses du Paulownia

Ce végétal asiatique a de quoi attiser la curiosité, et pas qu’un peu. Quelques-unes de ses qualités à faire jalouser les chênes et autres feuillus de nos contrées :

  • Absorption jusqu’à 10 fois plus de CO₂ que des arbres classiques
  • Croissance record : entre 12 et 15 mètres de haut atteints en 7 à 10 ans
  • Bois apprécié pour la construction de tiny houses, planches de surf, meubles… la liste pourrait s’allonger selon Julien Kloesmeyer, cofondateur de l’entreprise Arbre Paulownia

Cerise sur le tronc, le paulownia planté par les frères Gueguen n’est pas invasif. La variété choisie est rustique, et même le climat capricieux du Nord-Finistère ne lui fait pas peur.

Pousser vite, d’accord… mais ce n’est pas magique !

Avant que votre jardin ne devienne la nouvelle jungle asiatique, sachez que cultiver le paulownia, c’est un brin de travail :

  • Pendant les trois premiers mois, il a fallu donner 2 litres d’eau à chaque arbre tous les deux jours.
  • Le suivi demande du temps, surtout lors du lancement de la plantation.
  • De larges feuilles, impressionnantes sur les jeunes sujets, tombent à l’automne et rappellent que la nature aime le changement de garde-robe, elle aussi.

Sandrine Berkel résume la situation : « C’est un arbre magique, mais le cultiver demande quelques efforts ! » Bref, oubliez la baguette de sorcier, prévoyez plutôt patience et arrosoir.

Des perspectives économiques qui tapent dans l’œil

Petit investissement, grande ambition : moins de 5 000 € pour un hectare planté, qui pourraient rapporter gros au moment de la première coupe, entre 60 000 et 80 000 € à l’hectare selon les porteurs du projet. Arbre Paulownia propose même des contrats de rachat avec prix bloqués. Mais les plus aventureux peuvent, s’ils le souhaitent, vendre eux-mêmes leur bois sur ce marché nouveau.

Impossible de cacher l’enthousiasme : le jeudi 14 septembre 2023, curieux et professionnels venus de toute la France se sont retrouvés sur la parcelle des frères Gueguen. Agriculteurs songeant à valoriser des terres ou propriétaires particuliers à la recherche d’une nouvelle aventure botanique : tous veulent en savoir plus.

Chaque semaine, Sandrine Berkel et Julien Kloesmeyer reçoivent des demandes d’acheteurs potentiels : « Il y a un marché à développer en France. » À qui le tour pour planter cet arbre-miracle ?

Paulownia, roi des arbres du futur ?

Entre potentiel écologique affirmé et perspectives économiques séduisantes, le paulownia fait parler de lui. Mais attention, si le miracle opère côté croissance et absorption du CO₂, rien n’est couru d’avance sans un brin d’investissement personnel. Avis aux curieux ; si la prochaine visite guidée s’organise, n’oubliez pas votre calepin (ni vos bottes, pour rester dans l’ambiance !) et, qui sait, peut-être vos projets d’avenir prendront racine sous le signe du paulownia.

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