Où se cachent vraiment les serpents en hiver ? La réponse juste sous vos pieds étonne les experts, mais aussi parfois ceux qui jardinent sans méfiance ! Chaque automne, alors que la nature s’assoupit et que la neige menace de blanchir les massifs, un mystère rampe discrètement sous nos chaussures : les serpents sont-ils partis en vacances vers le sud ? Spoiler : ils ne sont jamais bien loin. Prêts pour une plongée souterraine à la découverte de ces voisins que l’on croyait disparus ?
Le grand secret de la brumation : un hiver au ralenti… près des maisons !
Dès que le thermomètre plonge, les serpents de nos régions cessent de se promener dans l’herbe ou sur les murets. Mais ne vous y trompez pas : ils ne disparaissent pas vraiment ! Comme tous les reptiles, ils entrent dans une phase de repos hivernal, la brumation. Ce n’est pas un sommeil profond mais plutôt une pause prolongée pendant laquelle tout fonctionne au ralenti, respiration, digestion et sorties incluses. La clé pour survivre à cette longue saison froide ? Dénicher un abri de choix, et ce, souvent bien plus près de nos habitations qu’on ne l’imagine…
Sous vos pieds : le refuge cinq étoiles du serpent hivernant
Les besoins du serpent sont simples et stricts, presque comme une réservation dans un hôtel : il lui faut un endroit sec, sombre, à l’abri du gel et des courants d’air. Surtout, pas question de payer un supplément pour la chaleur ! Ces animaux ne produisent pas eux-mêmes de chaleur, leur température dépend strictement du milieu ambiant.
C’est là qu’intervient la magie des constructions humaines. Les matériaux minéraux qui composent nos marches en béton, nos terrasses pavées ou encore nos escaliers en pierre stockent la chaleur d’été et la restituent peu à peu. Entre octobre et mars, ces recoins deviennent d’ingénieux refuges architecturaux, quasi invisibles :
- Petites cavités sous les dalles de terrasse
- Marches en béton ou en pierre, avec joints ou fissures douillettes
- Zones peu fréquentées sous les constructions et fondations
- Caves, vides sanitaires, coins de dépendances oubliés
Ces espaces forment des couloirs où nos serpents peuvent s’installer parfois à plusieurs, proches de la surface mais hors d’atteinte du grand froid.
Quels serpents, et comment les reconnaître (sans paniquer) ?
Selon l’Office français de la biodiversité, on retrouve régulièrement autour des maisons des couleuvres à collier, couleuvres vertes et jaunes, et dans le sud, la vipère aspic. Les champions de la discrétion fuient le bruit, la lumière vive et les vibrations. On comprend donc pourquoi les abords tranquilles de la maison les attirent tant !
On croise rarement ces reptiles en brumation, car ils bougent à peine. Pourtant, certains indices peuvent trahir leur présence sous une terrasse ou un escalier :
- Petits fragments de mue séchée au niveau des fissures
- Déjections très sèches
- Dépouilles de petits rongeurs, parfois repérées avant l’hiver
- Léger soulèvement du sol, trou discret au pied d’une marche
- Amas de feuilles ou de débris coïncés sous une dalle
Si vous repérez ces signes, mieux vaut observer à distance et éviter absolument de déplacer les dalles entre octobre et mars. Laisser les serpents tranquilles, c’est la clé !
Faut-il s’inquiéter ? Et surtout, que dit la loi ?
On pourrait croire que ces invités cachés menacent la tranquillité du jardin. En réalité, pas du tout ! Tous les serpents de France sont protégés par la loi, selon l’arrêté du 8 janvier 2021. Interdiction donc de capturer, déplacer ou détruire leur habitat. D’ailleurs, tenter d’ouvrir une dalle ou de démonter un refuge peut être à la fois risqué et illégal.
Le bon réflexe ?
Si la présence d’un serpent est avérée ou fortement suspectée, contactez un centre de sauvegarde de la faune sauvage, ou le service environnement de votre mairie. Des professionnels formés sauront intervenir, si besoin, sans danger pour l’animal ni pour vous.
Enfin, un atout méconnu de ces serpents hivernants : ils régulent les populations de mulots et de souris autour de nos habitations, sans dégrader les structures, puis disparaissent dès le printemps revenu. De quoi envisager leur présence avec un brin de reconnaissance une fois l’hiver achevé.
Conseil de voisinage :
Gardez vos dalles en place, profitez du calme de l’hiver, et laissez la nature gérer son hôtel souterrain. À défaut d’aimer les reptiles, vous leur serez au moins utile… malgré vous !
Passionné d’architecture intérieure et de beaux objets, Damian cultive depuis toujours un regard attentif sur l’art de vivre. Après plusieurs années passées dans le design et la communication, il lance Rive Gauche Décor pour partager ses découvertes, ses inspirations et ses coups de cœur. Entre adresses confidentielles, matières d’exception et tendances pointues, il dévoile chaque semaine une vision élégante de la maison, où chaque détail raconte une histoire.