Jardin mal entretenu : quels risques réels avec vos voisins ou la mairie ?

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Un jardin qui ressemble à une mini-jungle, c’est charmant pour la biodiversité… mais guère pour la cohabitation ! Entre voisins irrités et mairie stricte, l’entretien de vos plantations mérite toute votre attention. Mais où s’arrête la liberté et où commencent les obligations ? Balayons ensemble les branches et faisons la lumière sur vos vrais risques !

Des distances à respecter : la loi avant le rosier

Avant de laisser libre cours à vos envies de forêt vierge, sachez qu’un jardin fougueux est encadré par des règles précises. Tout propriétaire a le droit de planter ce que bon lui semble, mais… à condition de respecter certaines distances entre ses végétaux, la voie publique et le terrain du voisin. Si aucun règlement de lotissement ni d’« usages constants et reconnus » ne s’applique, il faut :

  • Planter jusqu’à 0,5 m des limites de propriété si la hauteur des végétaux ne dépasse pas 2 m.
  • Respecter 2 m pour les arbres dont la cime dépasse 2 m de haut.

Ne prenez surtout pas ces mesures à la légère : si elles manquent à l’appel, le voisin peut exiger l’arrachage ou la réduction de vos plantes à la hauteur légale… sauf si elles trônent là depuis 30 ans !

Entretenir, c’est la loi : voisinage et branches vagabondes

L’art de la jungle s’arrête là où commence celui du vivre-ensemble. Propriétaire comme locataire, on doit bichonner ses plantations et veiller à ce qu’aucune branche ne joue les exploratrices chez le voisin. Perte d’ensoleillement, mur mitoyen égratigné ou fruits qui s’écrasent sur la terrasse d’à côté : tout ça, c’est non !

  • L’élagage est la clé : à faire idéalement entre novembre et mars (période « hors sève », pour les pros !).
  • Pas question d’aller cueillir les fruits ou fleurs qui pendent chez le voisin : on ne ramasse que ceux tombés naturellement de son côté.

Les soucis de voisinage fleurissent vite ; mais attention, même si la colère monte, impossible d’élaguer soi-même les branches qui dépassent : il faut saisir le tribunal de proximité pour contraindre le voisin à agir. Par contre, il reste autorisé de couper racines, brindilles ou ronces à sa limite.

Quand la mairie s’en mêle – et ça peut piquer !

Rien à voir avec la patience des voisins : côté mairie, tout riverain longeant la voie publique subit une servitude d’élagage pour laisser le passage libre. Si vous rechignez, le maire a carte blanche : il peut d’abord vous enjoindre d’obéir, puis missionner une coupe d’office et vous envoyer la douloureuse après. Pas de jalousies, tout le monde trinque à sa mesure !

Incendies, lignes & sanctions : plus loin que le bout du jardin


Dans certains coins plus sensibles au feu (Ardèche, Corse, Occitanie, région PACA…), les obligations se corsent. Si votre terrain se situe à moins de 200 m d’une forêt, d’un bois, ou dans un secteur désigné à risque, il vous faudra :

  • Élaguer arbres et arbustes,
  • Éliminer résidus de coupe, herbes, feuilles et ronces,
  • Nettoyer dans un rayon de 50 m autour de votre habitation, et 10 m de part et d’autre des voies menant au terrain.

Alors oui, le maire peut taper du poing sur la table en cas de négligence : astreinte de 100 euros par jour de retard, amende de 30 euros par m2 non débroussaillé, et jusqu’à 750 euros (ou 1500 dans un lotissement) d’amende pénale… Ça fait cher la paresse !

Côté lignes téléphoniques envahies, sachez que depuis une loi d’octobre 2016, il appartient au propriétaire de garder les abords propres. L’exploitant du réseau peut négocier une convention avec le riverain. Et si l’entretien n’est pas fait, les coupes seront réalisées d’office… facturées, bien entendu !

Conclusion : la main verte n’excuse pas tout !
Un jardin foisonnant, c’est beau, mais sans guerre de haie, c’est mieux. Mieux vaut sortir les sécateurs à temps que de sortir le chéquier pour régler amendes et litiges : élaguer, c’est aimer la paix… et son portefeuille !

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