Ah le jardin ! Ce petit coin de paradis où tout le monde rêve de flâner, tondre la pelouse, gratter la terre ou simplement siroter un verre au soleil. Mais derrière cette invitation à la détente, quelques petites surprises – moins sympathiques – attendent les amoureux du vert… Le Pr Stéphane Gayet, infectiologue au CHU de Strasbourg, nous alerte sur ces maladies sournoises qui guettent sans crier gare. Petit tour d’horizon, histoire de jardiner sans mauvaise surprise !
Les moustiques, tiques & co : quand la nature a ses (mauvais) côtés
- La maladie de Lyme : N’en déplaise aux parents de marmots insatiables ou aux passionnés de balades bucoliques, la tique n’a rien d’un animal de compagnie. Cette spécialiste des morsures discrètes est la grande responsable de la borréliose de Lyme, première pathologie infectieuse transmise par cet acarien sur le territoire. C’est une bactérie du doux nom de Borrelia burgdorferi sensu lato qui s’invite sous notre peau via la vilaine piqûre. Les risques ? Surtout lors des activités en pleine nature au printemps et en été, période phare de prolifération. Le centre et l’est de la France font figure de zones les plus à risque.
- Bien sûr, impossible de repérer toujours l’infection : dans la majorité des cas, l’évolution reste asymptomatique. Mais attention ! Elle peut devenir redoutablement handicapante. Le Ministère de la Santé précise que la maladie, quand elle s’installe, engendre des douleurs articulaires persistantes, voire des paralysies partielles, troubles neurologiques ou cardiaques… Rien que ça ! Premier signe d’alerte ? L’apparition d’un érythème migrant dans les 30 jours suivant la morsure : une plaque rouge en cercle, qui s’étend avant de s’effacer en quelques semaines ou mois.
Le tétanos, pas qu’une histoire de rouille
Glisser un doigt dans la terre – ou se piquer avec une jolie rose – peut aussi réserver une mauvaise surprise : le tétanos. Clostridium tetani, son germe peu recommandable, habite allègrement la terre et les plantes. Un simple écorchage, une épine ou une griffure d’arbre suffit pour ouvrir grande la porte à ce visiteur indésirable.
Les habitués du jardinage sont donc plus exposés que les adeptes du tout-béton – raison de plus pour surveiller son vaccin ! Bonne nouvelle : une vaccination efficace existe depuis 1952. Un rappel, et hop, vous limitez considérablement le risque. Grave, le tétanos ? Oui : il provoque des contractures musculaires, d’abord au visage, puis partout ailleurs, et chaque année, de 0 à 5 décès sont recensés en France. Les complications les plus redoutables ?
- Paralysie respiratoire
- Troubles du rythme cardiaque
- Blocages articulaires et ruptures tendineuses ou musculaires (adieu les après-midis taille de haie…)
Tout cela peut laisser de sévères séquelles, voire entraîner la mort, avec un taux de mortalité de 20 % en réanimation. Bref, on ne plaisante pas avec les rappels !
Piqûres d’insectes : petits boutons, gros soucis
Parmi les autres indésirables que mentionne le Pr Gayet figurent l’aoûtat, le moustique, et surtout le moustique tigre, fraîchement implantés dans la majorité de nos régions. Si une mare surgit dans votre jardin, ou si la pluie joue la carte de l’eau stagnante, prenez garde à la prolifération !
- L’aoûtat : Petite bête rousse (lave-toi les yeux, elle ne mesure que 0,2 à 0,4 mm !), l’aoûtat est la larve d’un acarien, Trombicula autumnalis, actif de fin d’été à l’automne. Sa piqûre provoque rougeurs et plaques de quelques millimètres assorties de démangeaisons qui prennent leur temps pour partir… jusqu’à une semaine après l’assaut.
- Le moustique tigre : Importé d’Asie du Sud-Est, Aedes albopictus ne fait pas qu’affoler les médias. Il peut transmettre le chikungunya, la dengue et le virus Zika. Heureusement, le risque de transmission de ces maladies reste faible, rassure l’infectiologue. Mais gare, après une piqûre, à la forte fièvre, aux douleurs articulaires très handicapantes, maux de tête, éruptions cutanées voire nausées ou vomissements !
Mal de dos, mal du jardinier : les lombalgies en embuscade
Le jardinage, c’est du sport. Trop, parfois ! Notre colonne vertébrale paie cher nos positions hasardeuses et le port de charges : la lombalgie (ou « lumbago » pour ses intimes) fait souvent surface en cas d’efforts répétés. Selon le Pr Gayet, la douleur se localise en bas du dos, sous la dernière vertèbre qui porte une côte. Sensation de blocage, mouvements limités… Le syndrome du « tour de rein » n’épargne ni le débutant, ni le jardinier chevronné.
Les cervicales aussi trinquent sous les gestes maladroits ou trop nombreux. Ne négligez pas les pauses ni la bonne posture : mieux vaut s’arrêter avant que la nature ne se rappelle à notre (mauvais) souvenir !
En conclusion, l’appel du jardin sonne bien… mais un brin de prudence n’est jamais superflu. Gants, pantalons longs, rappel vaccinal à l’agenda et vigilance sur les piqûres : profitez de la nature, mais pas de ses parasites !
Passionné d’architecture intérieure et de beaux objets, Damian cultive depuis toujours un regard attentif sur l’art de vivre. Après plusieurs années passées dans le design et la communication, il lance Rive Gauche Décor pour partager ses découvertes, ses inspirations et ses coups de cœur. Entre adresses confidentielles, matières d’exception et tendances pointues, il dévoile chaque semaine une vision élégante de la maison, où chaque détail raconte une histoire.