« J’ai construit ma propre centrale solaire : comment j’économise 550 € par an grâce à des batteries recyclées »

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Une Citroën Xsara qui rend l’âme, une poignée de batteries de PC portables usagées, et une bonne dose de passion… Voilà comment Eric Peton, père de famille vosgien, a construit sa propre centrale solaire et économise désormais 550 € par an ! Récit vivant d’une formidable aventure d’autonomie et de débrouille, qui prouve qu’avec un peu d’huile de coude – et beaucoup de tri – on peut transformer un malus en watt…

Une panne… et la lumière fut !

Quel est le rapport entre une Citroën Xsara diesel hors d’usage et une centrale solaire dernier cri ? Pour Eric Peton, c’est une évidence ! En octobre 2018, alors que sa fidèle Xsara rend l’âme (merci le pont arrière bloqué…), Eric décide de tourner la page du diesel et d’opter pour une voiture électrique : une Nissan Leaf 40 kWh. Motivé par les aides et primes, il se lance dans cette transition verte. Mais qui dit voiture électrique dit aussi… besoin d’électricité verte. Eric l’a bien compris : « Je me suis dit qu’en passant sur une voiture électrique, il allait falloir améliorer mon installation et pourquoi pas autoconsommer. »

Du 100 % fait maison : des panneaux aux batteries recyclées

Pas question de se ruiner chez les installateurs : face aux devis assommants, Eric opte pour le DIY. Il commande donc 12 panneaux de 300 Wc (soit 3,6 kWc au total) sur le site belge Wattuneed. Montés sur une structure maison en pin Douglas, toujours face au sud (le soleil des Vosges reste timide), le tout est incliné à 30 degrés pour maximiser la captation. Le bricoleur, fort d’un BTS en mécanique et automatismes, ne compte pas s’arrêter là. Après quelques recherches sur la toile et une poignée de tutoriels Youtube, Eric se lance un défi de taille : fabriquer ses propres batteries à partir de cellules 18650 récupérées !

La quête commence : direction les magasins, les déchetteries, les collecteurs de piles, sans oublier les petites annonces d’Ebay. Coup de pouce non négligeable : une connaissance informaticienne lui met de côté « des cartons pleins de batteries de PC portables hors service ». En dix mois, notre bricoleur rassemble plusieurs milliers de cellules usagées.

Mais attention, chaque pile doit passer par un sévère contrôle technique (bien plus tendu qu’au contrôle auto !) :

  • Triage draconien pour éliminer les rouillées, humides ou percées
  • Tests de capacité, opération pouvant prendre jusqu’à 24h selon l’état des accus
  • Au final, entre 30 et 60 % des cellules sont recalées. Les survivantes, les fameuses « second life », rejoindront l’assemblage !

Les 1120 piles sélectionnées sont alors câblées par groupe de 80, équipées de fusibles et voltmètre, puis reliées à un système BMS pour constituer une batterie domestique de 8,5 kWh sous 48 V. Prix du marché : environ 6 000 €. Prix Eric : 80 € (non, ce n’est pas une blague !). Un recyclage utile et redoutablement économique.

Par souci de sécurité, la batterie maison prend place dans un local technique extérieur, avec plaques anti-incendie BA13 M0 et détecteur de fumée. C’est aussi là qu’atterrissent son onduleur hybride 5 kW, les tableaux électriques et une deuxième batterie (48 V, 11,2 kWh) produite durant le confinement. Cette dernière, moitié cellules d’Ebay, atteint 600 cellules pour 540 € (hors frais de port), une sacrée affaire malgré le prix supérieur.

Presque autonome… et follement optimisé !

Avec 19,7 kWh cumulés dans ses deux batteries, Eric s’offre le luxe de tenir une journée sans soleil après une bonne recharge. Sa maison dans le sud des Vosges, pleine de commodités (lave-linge, lave-vaisselle…) est également bardée d’appareils économes : chauffe-eau thermodynamique, pompe à chaleur, et bien sûr, recharge de la Nissan Leaf qui roule 35 km par jour en moyenne.

Voyons les chiffres :

  • Consommation annuelle du foyer : 9 100 kWh en 2020
  • Production solaire : 3 713 kWh, soit 41 % du total consommé (et 73 % hors chauffage)
  • Facture annuelle d’électricité réduite à 905 € (au lieu de 1 452 € en tout électrique classique)

En clair, près de 550 € économisés chaque année, grâce à des batteries recyclées et une installation maison coûtant seulement 4 000 €.

Des projets, des limites, et l’humilité du bricoleur

Certes, Eric n’est pas totalement autonome. Mais il ne s’illusionne pas : « Dans les Vosges ce n’est pas toujours le beau temps. Si j’avais la même installation dans le sud je le serais déjà ! » La pompe à chaleur accapare 70 % de sa consommation, un mastodonte difficile à dompter dans une région aussi fraîche. Pour les années à venir, l’objectif est simple :

  • Ajouter de nouveaux panneaux solaires
  • Remplacer les batteries par des modèles LiFePo4 ou LTO, de plus grande capacité

Eric vise les 80 % d’autoconsommation, mais avec le soleil vosgien, il garde la tête froide. Une connaissance du sud, elle, a carrément bâti sa propre centrale hydroélectrique pour pallier la faiblesse du solaire… Mais faute de ruisseau dans le jardin vosgien, Eric reste pragmatique.

Pour creuser le sujet et découvrir des astuces dignes de MacGyver, n’hésitez pas à visiter la chaîne Youtube d’Eric, où il partage ses expériences et notamment son ingénieux système de récupération de calories issues de l’onduleur solaire. Moralité : avec de la motivation et du bon sens, les économies d’énergie ne sont plus un rêve… mais une réalité chiffrée !

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