Vous pensiez que souscrire à l’option « heures pleines/heures creuses » allait vous transformer en maître Jedi de la facture d’électricité ? Détrompez-vous : dans cette galaxie, il y a plus d’un piège à éviter et, foi de galérien de l’abonnement, je vous livre tout ce que j’aurais aimé savoir avant de signer.
Heures pleines, heures creuses : la promesse… et la réalité
- Le principe : payer moins cher votre électricité (enfin, en théorie) pendant certaines plages horaires, baptisées « heures creuses ».
- Un tarif spécial, le HPHC (Heures Pleines Heures Creuses), que l’on vous propose soit en tant qu’option payante, soit avec un contrat dédié – le mien, par exemple, s’appelle « Élec Classique ».
À la souscription, on aurait pu me prévenir avec précision sur les horaires magiques pendant lesquels faire tourner le lave-linge sans y laisser un bras… ou pas. Quand je me suis vraiment penché sur la question, j’ai parcouru mille et un menus de mon compte client avant de comprendre que l’information clé était planquée sur ma facture. Ne cherchez pas plus loin : c’est là, en petit, en bas.
Décrypter les plages horaires : attention à la (mauvaise) surprise
Sur le papier, « tout le monde a droit à 8 heures creuses ». Mais dans la pratique, la répartition fait sourire jaune :
- 40 % des clients ont leurs 8 heures creuses morcelées en deux plages distinctes ; pour les autres, c’est une tranche unique – généralement entre 20h et 8h.
- Chez moi, surprise ! Mon premier créneau s’étale de 1h10 à 7h40 (une bénédiction pour les noctambules professionnels), et le second de 12h40 à 14h10 (parfait pour… personne ? Si, peut-être les adeptes des lessives digestives après la pause déjeuner).
Si ces horaires vous semblent tarabiscotés, préparez-vous : changer de créneau est impossible sans… déménager. Oui, vous avez bien lu. Lors de votre souscription, Enedis attribue à votre commune une plage, selon « les conditions d’exploitation et la capacité locale du réseau public de distribution ». Si vous avez un compteur Linky, c’est le festival de la surprise : l’horaire découle d’un algorithme d’attribution aléatoire. Quant à la négociation avec votre fournisseur, inutile d’espérer : il dépend lui-même d’Enedis pour ce choix de plage horaire.
Rentabilité : quand le rêve d’économie se heurte à la flemme (ou à la réalité)
À force de jouer à saute-mouton avec les heures creuses, j’ai fini par me demander si tout cet effort valait le coup. Engie explique : le kWh est en moyenne 25 % moins cher pendant les heures creuses qu’au tarif de base, mais il est aussi 10 % plus cher en heures pleines. Ajoutez à cela un abonnement plus élevé : environ 8 € de plus par an pour une puissance de base de 6kVA.
Le calcul est vite vu, et Enedis ne le cache pas : il faut qu’au moins 30 % de votre consommation soit casée en heures creuses pour que l’offre HPHC devienne intéressante et que vous économisiez un peu. Si votre emploi du temps ressemble davantage au mode « flemme intersidérale » qu’à celui d’un robot programmable, le tarif « base » reste sans doute un meilleur plan.
Programmez tout… ou sortez les boules Quies
Face à ceux qui râlent contre la logique floue des plages, Enedis réplique : « Il suffit de programmer vos appareils énergivores pour les lancer au bon moment ». Facile, à condition d’avoir un électroménager en état, doté de l’option programmation (et merci l’obsolescence programmée : on peut difficilement faire sans aujourd’hui). Sinon, il existe des prises programmables pour quelques euros. Voilà qui promet des économies, pour peu que vous transformiez votre cuisine en salle des machines synchronisée !
Pour le ballon d’eau chaude, même topo : c’est un contacteur qui reçoit l’ordre de s’activer quand le compteur sonne l’heure creuse. Simple ? Oui… enfin, sauf avec un compteur Linky, où parfois ça bugge – et là, il faut demander à Enedis l’intervention d’un technicien. Bonne nouvelle : le réglage est gratuit, mauvaise : les frais de déplacement (une trentaine d’euros) sont pour vous. À la bonne vôtre !
En définitive, l’eldorado promis des heures creuses peut très vite se transformer en galère logistique. Mon conseil sincère : avant de sauter sur l’option, vérifiez scrupuleusement vos plages horaires, estimez votre capacité à consommer vraiment pendant ces tranches. Et gardez votre humour : c’est finalement ce qui coûte le moins cher… à défaut d’alléger la facture.
Passionné d’architecture intérieure et de beaux objets, Damian cultive depuis toujours un regard attentif sur l’art de vivre. Après plusieurs années passées dans le design et la communication, il lance Rive Gauche Décor pour partager ses découvertes, ses inspirations et ses coups de cœur. Entre adresses confidentielles, matières d’exception et tendances pointues, il dévoile chaque semaine une vision élégante de la maison, où chaque détail raconte une histoire.