Vous faisiez une balade hivernale, l’air frais vous fouettait les joues, quand soudain… surprise ! Un petit hérisson pointe le bout de son museau en plein mois de décembre. Doit-on s’inquiéter de cette apparition inattendue ? Rassurez-vous, la réponse n’est pas aussi piquante qu’elle en a l’air. Mais il y a tout de même quelques gestes à adopter, selon les spécialistes. Prêt à percer les mystères de l’hibernation ? Suivez le guide !
L’hibernation du hérisson d’Europe : ce qu’il faut savoir
En France, le hérisson d’Europe a pour habitude de disparaître des radars entre novembre et mars, dès que le thermomètre plonge sous 10 °C. Ses picots ne sont alors visibles que dans nos rêves ou sur les illustrations de livres pour enfants. Pourtant, croiser un hérisson actif en décembre n’est pas forcément le signe d’un dérangement cosmique : certains individus interrompent ponctuellement leur sommeil hivernal pour aller goûter une larve oubliée par la météo, ou encore déménager dans une cachette plus douillette.
Mais attention, si l’observation vous réjouit, le mode de vie du hérisson, lui, reste fragile. Derrière ses airs de coussin à roulettes, il n’est pas à l’abri des tracas saisonniers. Notamment, si le petit animal semble très maigre, apathique, s’aventure en plein jour ou erre lentement, il est probable qu’il soit en difficulté. D’après la British Hedgehog Preservation Society, il est important qu’un hérisson pèse au moins 500 à 600 g pour espérer traverser l’hiver. Les plus jeunes, nés tardivement en automne (les retardataires de la maternité, en somme), sont particulièrement vulnérables aux frimas.
Hérisson en danger : les gestes à adopter
Vous rencontrez un hérisson qui coche toutes les cases de l’inquiétude ? Il est maigre, mou, désorienté ? Voici comment intervenir positivement, sans sortir la cape de super-héros (mais presque) :
- Placez le hérisson dans une boîte douillette, garnie de tissu, à l’abri du bruit et des courants d’air. Température ambiante : ni frigo, ni sauna !
- Pas d’eau froide à disposition : monsieur ou madame ne raffole pas des bains glacés.
- Prévenez sans tarder un centre de soins agréé (LPO, centre pour faune sauvage, ou vétérinaire habilité). Les pros sauront exactement quoi faire — évitez l’automédication improvisée et la cohabitation en colocation : l’espèce est protégée, seuls les centres autorisés peuvent les soigner.
Hérisson sain, comment l’aider sans le perturber ?
Dans la plupart des cas, si l’animal semble en forme (et rêve seulement de se resservir une bouchée avant la sieste), il suffit de lui donner un petit coup de pouce… sans toucher à son planning. Traduction : laissez-le tranquille ! Cependant, pour soutenir son stock d’énergie, vous pouvez proposer un en-cas sous forme de croquettes pour chat ou de pâtée (mais surtout jamais de lait, piège classique). Ainsi, il pourra faire des réserves avant de retourner se glisser sous la couette.
C’est aussi le moment idéal pour jouer les architectes de la biodiversité. Installer un abri d’hibernation ne demande pas un diplôme en menuiserie : une simple boîte en bois de 30 x 40 cm, dotée d’un couloir d’entrée un peu long (pour plus d’intimité), garnie de feuilles sèches ou de foin, fera parfaitement l’affaire. Placez-la à l’écart du bruit, dans un coin sec et protégé du vent. Et surtout… plus personne ne dérange le locataire ! Enfin, évitez de déblayer votre jardin à tout-va en hiver, de brûler vos tas de feuilles ou d’utiliser des pesticides — ce sont de véritables cauchemars pour notre ami piquant.
Un compagnon, vraiment ?
Face à sa frimousse, la tentation de l’adopter peut titiller même les plus raisonnables. Mais halte-là ! Garder un hérisson chez soi, ce n’est ni bon pour lui, ni pour vous (et interdit, qui plus est). L’espèce est strictement protégée en France et seuls les centres agréés sont aptes à prodiguer les soins nécessaires. Alors, capture de câlins, oui, mais uniquement avec les yeux !
En conclusion : voir un hérisson en décembre n’est pas forcément dramatique. Mais un coup d’œil bienveillant et une main discrète suffisent pour lui offrir un hiver paisible. Parfois, protéger la nature, c’est savoir se faire oublier, quitte à passer pour un fantôme… mais du bon côté de l’histoire !
Passionné d’architecture intérieure et de beaux objets, Damian cultive depuis toujours un regard attentif sur l’art de vivre. Après plusieurs années passées dans le design et la communication, il lance Rive Gauche Décor pour partager ses découvertes, ses inspirations et ses coups de cœur. Entre adresses confidentielles, matières d’exception et tendances pointues, il dévoile chaque semaine une vision élégante de la maison, où chaque détail raconte une histoire.