« C’est maintenant ou jamais » : il quitte tout à 40 ans pour vivre seul dans une cabane et changer de vie

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Et si on appuyait, nous aussi, sur « pause » ? À 40 ans, Jérémy Leclercq l’a fait. Ce chef d’entreprise vendéen a claqué la porte de la routine, troqué ordinateur et smartphone contre un potager et… un poulailler. Pas un coup de tête, mais l’aboutissement d’un rêve niché dans sa tête d’ado. Il quitte tout pour une cabane et une aventure loin des sentiers bien tracés. Récit d’une retraite prise à contre-courant, façon grand bol d’air iodé.

La promesse d’un môme devenue réalité

Dès ses 18 ans, Jérémy Leclercq savait : il partirait à la retraite à 40 ans. C’est une promesse aussi rare que de croiser une poule qui pond des œufs en or, mais lui n’a jamais douté. Patron d’« Isolation Sablaise » aux Sables-d’Olonne, il avait déjà ce rêve d’harmonie avec la nature. Pas franchement passionné par les études – à vrai dire, il voulait surtout vivre de ses mains et cultiver l’autonomie – il a tout donné au travail dès l’âge de 13 ans. D’abord ouvrier dans l’entreprise de son père, il devient commercial après un accident qui lui coûte un doigt. Ce grain de sable n’arrête pourtant pas la machine Jérémy.

En 2009, il lance sa première société. Elle ne survit cependant pas à la crise, à quelques soucis de compta et à des choix de collaborateurs malheureux. Pas de quoi obtenir la médaille du revers de fortune, mais il rebondit aussitôt en créant « Isolation Sablaise », qui traverse vaillamment les tempêtes jusqu’au premier confinement lié à la pandémie mondiale.

L’entrepreneur qui rêve de déconnexion et d’autosuffisance

Le confinement, paradoxalement, a été une bouffée d’air pour Jérémy Leclercq. Alors que beaucoup étouffaient, lui y a trouvé un répit inattendu. Mais quand la vie professionnelle a repris son cours, le déclic s’est fait sentir : « Je ne me sentais plus capable de retourner au travail », confie-t-il deux ans après. Il pose donc, sans trembler, la date de son grand départ pour le printemps 2022.

Le fruit de tous ses efforts ? Une cabane de 32 m², posée à l’abri des regards dans l’arrière-pays, où il ambitionne d’atteindre l’autosuffisance :

  • Potager pour récoltes maison,
  • Poulailler pour les œufs frais du matin,
  • Nature pour seul agenda.

Son objectif ne fait pas dans la demi-mesure : plus de portable ni d’ordinateur, plus de fil à la patte ! Bref, l’inverse du salarié connecté jusqu’au cou.

Travailler plus… pour partir bien avant

On l’imagine volontiers pieds nus dans les radis, mais le chemin pour décrocher la clé de la cabane a demandé des efforts surhumains. Pour réaliser son rêve de retraite précipitée, Jérémy a « bossé trois fois plus pour partir trois fois plus tôt ». Sa recette :

  • Un travail à 300 %,
  • Quatre fins de semaine de repos seulement en un an et demi,
  • Une implication sans faille dans ses entreprises successives.

Mais attention, le rêveur est resté pragmatique. Il ne s’en va pas les poches vides. « J’ai des revenus qui me permettront de payer mes dernières dettes, de l’immobilier que j’entends louer à des jeunes », détaille-t-il. Sa société, même laissée aux mains d’autres, restera sous sa surveillance éloignée : « Je garderai un œil dessus ».

Changer de vie à 40 ans : et si c’était votre tour ?

Ce nouveau départ, ce n’est pas une fugue sans filet. Juste un cap gardé vingt ans durant, imposant de sprinter quand d’autres avancent au petit trot. Jérémy aura mis tous les ingrédients – risque, opiniâtreté, sueur – pour que cette retraite anticipée ne sonne ni comme un renoncement, ni comme une fuite en avant, mais bien comme l’assouvissement d’un rêve personnel.

De quoi inspirer ? Chacun y verra un exploit, un pied de nez à la société, ou la concrétisation d’un engagement intime. Mais la leçon à retenir semble universelle : pour récolter ce que l’on sème, mieux vaut oser changer de sillon, même si la cabane n’est pas au Canada. Après tout, c’est peut-être maintenant ou jamais !

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