Chaque automne, la même scène se répète dans les jardins : tandis que les feuilles jonchent le sol et que l’activité ralentit, un résident à piquants tente de trouver comment traverser la froide saison. Bonne nouvelle pour lui et pour nous : un geste à la fois simple et souvent négligé pourrait bien changer la donne. Oui, il ne s’agit pas d’un scoop tombé du chapeau, mais la survie des hérissons dépend, l’hiver venu, d’actions accessibles à toutes et tous !
Le défi de l’hiver pour un petit mammifère protégé
Chaque année dès le mois d’octobre, les hérissons commencent leur hibernation. On pourrait croire qu’ils dorment paisiblement pendant des mois, mais détrompez-vous ! Ce n’est pas un sommeil marathon, mais plutôt une série de siestes prolongées. En réalité, notre petit héros se réveille environ tous les dix jours pour partir à la quête de nourriture. Problème : en hiver, les insectes se cachent, le sol refroidit et les nuits n’en finissent plus. Résultat ? La recherche alimentaire devient une course d’endurance qui épuise leurs maigres réserves.
L’enjeu est de taille : les hérissons peuvent perdre jusqu’à 40 % de leur poids au fil de la saison froide. Certains, trop affaiblis, ne trouvent même plus assez de quoi se sustenter pour survivre entre deux phases de repos. C’est là qu’intervient… nous ! Un coup de pouce, même minuscule, peut réellement faire toute la différence.
Le geste qui compte (et qui ne coûte pas cher)
Pas besoin de diplôme en hérissonologie pour leur venir en aide ! La première action à adopter : offrir un peu de nourriture accessible. Inutile de sortir la vaisselle en porcelaine, un simple petit bol déposé discrètement dans un coin du jardin fonctionne à merveille.
Pour remplir cette gamelle, privilégier :
- Des croquettes pour chat (leurs favorites, paraît-il, et surtout très sûres pour leur santé)
- Quelques morceaux de fruit
- Des arachides non salées concassées
En revanche, alerte rouge sur le lait ! Comme le rappelle la Ligue pour la protection des oiseaux (LPO), donner du lait à un hérisson, c’est aller tout droit vers la catastrophe. Intolérants au lactose, nos amis à piquants pourraient ne pas s’en remettre.
Un jardin moins rangé ? Un vrai palace pour les hérissons !
Au-delà du casse-croûte, le jardin lui-même peut devenir un refuge cinq étoiles. Laisser traîner un tas de feuilles mortes dans un coin ? Cela a l’air négligé, mais pour un hérisson, c’est la version luxe d’un palace douillet ! Chaleur, sécurité, matériaux pour se confectionner un nid : il y trouve tout ce dont il a besoin.
Pas convaincu par le look « jungle urbaine » ? Pourtant, une végétation qui reste un peu sauvage attire une faune variée et surtout de nombreux insectes, la base de l’alimentation des hérissons. Moins de grand ménage, c’est aussi plus de biodiversité… et donc des hérissons mieux nourris ! C’est un cercle vertueux que vos plates-bandes pourraient bien vous remercier d’encourager.
Bannir les dangers : pesticides et outils motorisés en question
L’usage de pesticides (même légers) perturbe l’alimentation des hérissons et peut, pire, les intoxiquer. Un bon conseil : bannissez-les et votre jardin fera doublement la fête. Autre point à garder en mémoire lors des sessions de jardinage musclé : avant de tondre ou de manipuler des outils motorisés, vérifiez toujours les abris où un hérisson pourrait s’être installé pour faire une sieste réparatrice. Un passage inopportun de tondeuse sur un tas de feuilles pourrait s’avérer tragique.
Pourquoi protéger le hérisson, ce discret allié ?
Donner un coup de main aux hérissons n’est pas seulement un acte de gentillesse gratuite. Ces petits mammifères sont de précieux alliés pour l’écosystème du jardin : ils régulent limaces, escargots et insectes nuisibles. Leur rôle est essentiel dans l’équilibre écologique.
Malheureusement, leurs populations déclinent, victime en partie de la fragmentation des habitats et des dangers liés aux activités humaines. Mais la bonne nouvelle, c’est qu’un simple geste, répété par des milliers de particuliers, peut réellement inverser la tendance.
Alors, cet hiver, pourquoi ne pas laisser une petite gamelle dans un coin du jardin, ou adopter une zone un peu sauvage ? Un geste simple, modeste, mais qui, à l’échelle de nos quartiers, pourrait sauver ces héros discrets et leurs piquantes missions !
Passionné d’architecture intérieure et de beaux objets, Damian cultive depuis toujours un regard attentif sur l’art de vivre. Après plusieurs années passées dans le design et la communication, il lance Rive Gauche Décor pour partager ses découvertes, ses inspirations et ses coups de cœur. Entre adresses confidentielles, matières d’exception et tendances pointues, il dévoile chaque semaine une vision élégante de la maison, où chaque détail raconte une histoire.