Ce que vous pouvez (ou non) vraiment faire dans votre jardin : droits, interdits et pièges à éviter

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Vous pensiez être le roi ou la reine dans votre propre jardin ? Détrompez-vous ! Entre réglementations pointilleuses, regards indiscrets et odeurs suspectes de merguez brûlées, votre petit coin de paradis est aussi le terrain de jeu préféré de la loi. Voici un tour d’horizon des droits, limites et pièges à éviter pour profiter sereinement (et légalement) de votre extérieur.

Nuisances sonores : tondre, mais sans casser les oreilles

Votre jardin n’est certes pas un stade de rock, mais tout bruit excessif peut attirer les foudres de la loi, surtout si la tondeuse chante trop longtemps et trop fort. Certains bruits, dont celui de la tondeuse, sont passibles d’amende si le trouble est jugé « anormal » par sa répétition, son intensité ou sa durée.

Les maires peuvent décider, par arrêté, d’interdire la tonte le dimanche ou d’en limiter les horaires, semaine ou week-end. Avant de céder à votre passion pour le gazon bien coupé, un petit tour à la mairie s’impose donc. À défaut d’interdiction locale, un peu de bon sens et de respect du voisinage restent de rigueur : oui à la pelouse parfaitement tondue, non au festival de bruit dès potron-minet !

En journée, on peut bricoler, déjeuner en famille ou s’éclabousser gaiement dans la piscine tant que l’enthousiasme sonore ne devient pas envahissant. La nuit, en revanche, c’est une autre musique : le tapage nocturne est établi très vite, même sans répétition ! La tranche usuelle ? De 22 h à 7 h, ou plus simplement, du coucher au lever du soleil.

Plantations et voisinage : planter, oui, mais pas n’importe où

L’appel de la jungle urbaine vous pousse à transformer votre parcelle en mini-forêt tropicale ? Attention, la plantation aussi a ses règles. L’article 671 du Code civil veille au grain. Les arbres, arbustes et autres arbousiers doivent respecter les distances légales : deux mètres de la limite séparative si la hauteur dépasse deux mètres, un demi-mètre sinon, sauf règlement local spécifique. Gare à l’entorse sous peine de voir le tribunal (ou votre voisin) frapper à la porte.

Si les branches de l’arbre du voisin s’invitent dans votre jardin, vous pouvez exiger qu’elles soient coupées. Les racines, ronces et brindilles qui envahissent votre territoire ? Vous êtes autorisé à les couper à la limite séparative. En cas de refus persistant du voisin, la justice peut être saisie pour réparation. Et si d’aventure votre voisin plante un arbre trop près, vous n’êtes pas démuni : plusieurs recours existent pour faire valoir la loi.

Entretien du jardin et déchets verts : fini le laisser-aller

Un jardin à l’abandon, envahi de rats, de gravats ou d’herbes folles ? La loi prévoit une obligation d’entretien, notamment à moins de 50 mètres d’habitations, d’ateliers ou de chantiers. Le maire, pour des « motifs d’environnement », peut mettre en demeure le propriétaire de procéder à la remise en état à ses frais – travaux réalisés d’office si nécessaire. Vous supportez mal le jardin-pré de votre voisin ? Commencez par un courrier courtois rappelant la loi ; si ça ne suffit pas, contactez la mairie ou, si le désagrément est réel, saisissez la justice.

Côté déchets verts, oubliez les feux de joie nostalgiques ! Depuis la circulaire du 18 novembre 2011, il est strictement interdit de brûler à l’air libre vos tontes ou tailles. Trouvez une déchèterie, compostez, mais rangez les allumettes, sous peine d’être dans l’illégalité.

Barbecues, nudit

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