Ce que vous ignorez (peut-être) sur la réglementation des serres de jardin : attention aux pièges !

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Vous rêvez d’une serre de jardin, ce petit coin de paradis pour tomates frileuses et jardiniers passionnés ? Avant de planter la première vis ou d’imaginer vos semis à l’abri du vent, gare aux chausse-trapes de la réglementation ! Oui, installer une serre sur son terrain, c’est un peu comme adopter un cochon d’Inde : séduisant, mais parfois plus complexe que prévu… Pour éviter la mauvaise surprise d’un courrier de la mairie en plein rempotage, faisons le point sur tout ce que vous ignorez (peut-être) sur la réglementation. Il serait dommage que le rêve tourne à la courgette dégonflée.

Petit abri… grandes règles ! La serre de jardin, pas si anodine

Sous ses airs modestes, la serre de jardin est belle et bien considérée comme une construction. Cela implique que, tout comme pour une piscine ou un garage, certaines règles d’urbanisme s’appliquent avant que vos salades ne s’y prélassent. La réglementation n’est ni un épouvantail ni un caprice administratif : elle vise à préserver l’harmonie du cadre de vie et le respect de l’environnement.

Au menu : autorisations, limites de dimensions à ne pas franchir, et une vigilance particulière dans certaines zones. Bref, avant de lâcher votre imagination et vos outils, il va falloir cocher quelques cases !

Serre mini ou maxi ? Quand faut-il demander une autorisation ?

La question brûle les lèvres de tous les apprentis horticulteurs : puis-je installer ma serre sans faire trembler la bureaucratie locale ? Réponse : tout dépend de la taille de votre projet.

  • Serres de moins de 1,80 mètre de hauteur et d’une superficie inférieure ou égale à 5 m² : bonne nouvelle, ces petites serres sont exemptées de toute demande d’autorisation, à une réserve près : votre terrain ne doit pas se trouver en « zone protégée ». Vous pouvez donc installer ce type de serre sans formalité, et ce n’est pas tous les jours que l’administration vous laisse jardiner tranquille !
  • Au-delà : si votre serre atteint ou dépasse 1,80 mètre de hauteur et/ou dépasse 5 m² de surface au sol (surface de plancher et emprise au sol), le parcours change. Dans ce cas, votre serre est assimilée à une nouvelle construction au même titre qu’une jolie piscine ou ce fameux garage que vous promettez de ranger « un jour, c’est sûr ».

Vous devrez alors déposer une demande d’autorisation d’urbanisme auprès de la mairie. Selon la taille de la serre, cela passera par une demandede permis de construire ou une déclaration préalable de travaux (DP). Pas de panique : le formulaire s’obtient facilement en ligne sur le site du service public.

Serre en zone protégée : attention, jardinage sous haute surveillance

Le rêve du potager sous cloche ne connaît pas les mêmes droits partout. Si vous habitez :

  • aux abords d’un site patrimonial,
  • d’un monument historique,
  • ou sur un site classé ou en instance de classement,

…votre serre passe à la loupe. Même un petit abri de fortune pour basilics timides doit alors respecter un cadre réglementaire bien plus strict. Dans ces secteurs, aucune installation ne peut se faire sans formalités. Vigilance, donc !

Toujours dans ce cas, le PLU (Plan Local d’Urbanisme) de votre commune liste les règles applicables : choix des matériaux (adieu le rose fluo), limites de propriété, surface, hauteur, aspect architectural… Tout y passe. Mieux vaut consulter le document, sous peine de voir votre serre recalée pour une question de style ou d’emplacement !

Ce que la serre vous apporte… et ce qu’il faut retenir !

La serre de jardin n’est pas qu’un plaisir d’esthète : elle protège efficacement vos plantes des parasites et maladies (le fameux mildiou n’a qu’à bien se tenir), et vous épargne bien des pleurs face aux gelées ou aux caprices climatiques. Vos cultures peuvent ainsi s’épanouir toute l’année… sous réserve d’avoir bien respecté la réglementation !

Pour résumer, avant de vous lancer, rappelez-vous :

  • Une serre de moins de 1,80 m de hauteur et 5 m² de surface ? Pas d’autorisation nécessaire (hors zones protégées).
  • Au-delà, ou si votre jardin frôle un site patrimonial : formalités obligatoires !
  • Prenez le temps de vérifier le PLU de votre commune : mieux vaut passer 10 minutes à lire que 10 semaines à démonter…

Le conseil du jardinier : mieux vaut un dossier complet qu’une récolte compromise par la paperasse ! Avec un peu de vigilance et l’envie d’offrir à vos légumes le palace qu’ils méritent, votre serre pourra voir le jour sans fausse note… et les tomates vous remercieront.

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