Ce bruit du quotidien pourrait attirer les vipères dans votre jardin, selon les experts

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Ce bruit du quotidien pourrait attirer les vipères dans votre jardin, selon les experts… et non, ce n’est pas un film d’horreur, mais une réalité bien française ! Tour d’horizon sur la surprenante sensibilité de ces reptiles à certains sons, et sur les gestes malins pour préserver la tranquillité de votre jardin (et la vôtre, par la même occasion).

Vipères de France : qui sont-elles, où vivent-elles ?

Avant de pointer du doigt la pelouse suspecte ou le pot de fleurs déplacé, attardons-nous sur nos résidentes à sang froid. La France héberge deux grandes espèces de vipères : l’aspic (Vipera aspis), que l’on retrouve du Sud-Ouest au Massif central, et la péliade (Vipera berus), davantage présente au nord et en montagne. Bonne nouvelle : leurs morsures sont rares — et, selon l’Anses, rarement mortelles avec environ 1 000 à 2 000 cas par an.

Cependant, les observations dans les jardins et quartiers résidentiels augmentent d’année en année. Les raisons sont multiples :

  • Printemps plus doux
  • Terrains de plus en plus secs
  • Jardins que l’on laisse vivre, plus naturels que jamais

Le Plan National d’Actions Vipères souligne une hausse notable de 17 % de leur présence dans les zones périurbaines depuis 2019. Pas de panique toutefois : les vipères ne sortent pas pour croquer du jardinier, mais plutôt pour profiter, disons-le, de vos bons soins involontaires…

Le bruit, ce facteur d’attraction inattendu

Débroussailler, oui ; faire trop de bruit, attention ! Les vipères n’entendent pas comme nous, pas d’oreille classique sous leurs écailles, mais une capacité redoutable à percevoir les vibrations grâce à leur « columelle ». Et selon une étude parue en 2023 (dans la revue PLOS ONE), elles montrent une sensibilité particulière aux basses fréquences, notamment celles comprises entre 250 et 400 Hz.

Si certains animaux détalent à l’écoute de ce genre de sons, les vipères font tout l’inverse : curiosité, opportunisme… Pour elles, ces vibrations peuvent rimer avec chaleur bienvenue ou petit rongeur à croquer. Elles n’hésitent alors pas à s’approcher en période de grande chaleur, pour aller voir ce qui se cache sous une terrasse, un transat, ou même près d’un pot de fleurs fraîchement bougé.

Pourquoi votre jardin est-il si accueillant pour elles ?

La vipère adore ce qui est discret, tiède, abrité et surtout peu dérangé. Certains aménagements typiques de nos jardins créent une invitation irrésistible. Ajoutez-y un zeste de « milieu semi-ouvert » (pour citer le Muséum national d’histoire naturelle), et vous obtenez le cadre parfait, surtout si votre jardin est entretenu façon rustique, ou laissé à son charme spontané.

  • Coins ombragés sous terrasse
  • Objets posés à même le sol
  • Pots déplacés, meubles extérieurs laissés quelques jours

Voilà autant d’invitations pour l’une de ces vipères en quête de chaleur et de tranquillité. Pour éviter de transformer votre petit coin de paradis en QG à reptiles, quelques gestes simples suffisent — nul besoin de tout bétonner !

Prévenir sans s’affoler : conseils pour un jardin serein

Pas besoin de muter votre pelouse en forteresse ! Voici les recommandations à suivre pour réduire la tentation côté vipères, et garder une biodiversité florissante (et vos invités, rassurés) :

  • Évitez de laisser des objets vibrants en contact direct avec le sol.
  • Si vous tondez, privilégiez le milieu ou la fin de matinée, quand les vipères sont moins actives.
  • N’adoptez pas la méthode « Dieu créa l’homme puis il balança un pot » : regardez toujours avant de déplacer un objet, surtout après un moment d’inactivité.

Rencontrer une vipère ? Pas de panique, pas de spectacle non plus :

  • Gardez une distance d’au moins 1,50 mètre.
  • Protégez vos animaux de compagnie.
  • En cas de risque, faites appel à une association locale de sauvegarde.
  • Et enfin, marchez discrètement sur la terrasse : mieux vaut glisser que siffler d’angoisse !

En résumé, une vigilance raisonnée suffit à protéger tous les habitants de votre jardin, à écailles comme à deux jambes.

Petite morale de cet article ? Restez curieux, informés et, surtout, gardez vos oreilles grandes ouvertes… mais vos pas bien feutrés sur le sol !

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