Installer une cuve de récupération d’eau de pluie : écologique et futé, mais attention à la règlementation ! Les économies réalisées et le geste pour la planète ont de quoi séduire, mais glisser un orteil hors de la légalité pourrait coûter… très cher. Avant de plonger tête la première dans la (re)nouvelle de l’eau du ciel, prenez garde : la rigueur est de mise.
Utiliser l’eau de pluie : pas n’importe comment !
La pluie, c’est la vie, mais elle n’est pas pour autant un cocktail à consommer sans modération. Le gouvernement met en garde : l’eau récupérée n’est absolument pas potable. Et pour cause : elle peut être contaminée chimiquement, que ce soit par des pesticides, ou encore divers métaux. Résultat ? Interdiction formelle de la boire, de l’utiliser pour préparer vos pâtes ou même laver la vaisselle (qui, pourtant, était déjà une corvée sans ces contraintes…).
En revanche, l’eau de pluie trouve de belles destinations :
- Arroser les fruits et légumes du jardin (vos tomates et carottes n’auront jamais été aussi fraîches)
- Nettoyer la voiture (et oui, c’est permis !)
- Remplir la chasse d’eau
- Laver le sol
- Laver du linge, mais attention : cette fois, il vous faudra « utiliser un dispositif de traitement assurant notamment une désinfection » (c’est l’administration qui le dit).
Répartition des points d’eau : la confusion, c’est non
Vous rêvez d’installer des robinets d’eau non potable dans votre maison ? Cela peut s’envisager, mais gare à la confusion ! Le règlement est pointu : il est impératif de placer ces robinets uniquement dans des pièces qui ne possèdent pas déjà de robinet distribuant de l’eau potable. L’objectif ? Éviter qu’un verre d’eau du robinet se transforme en gorgée douteuse…
Bon à savoir : caves, sous-sols et garages font figure d’exception à cette règle. Autre impératif : chaque robinet d’eau non potable doit être clairement signalé, via un panneau que vous trouverez dans tout bon magasin de bricolage. De quoi dissuader les têtes en l’air.
Installer et entretenir sa cuve : les étapes à suivre (sans raccourci)
Le ministère souligne qu’il existe deux types principaux de cuve : hors sol ou enterrée. Avant de foncer chez le vendeur le plus proche, glissez un œil auprès de votre mairie : certaines proposent des aides financières, ce qui n’est jamais de refus lorsque l’on investit pour la planète (et son porte-monnaie). Concernant la déclaration, celle-ci n’est pas toujours obligatoire. Elle entre en jeu seulement si votre cuve est raccordée au tout-à-l’égout.
L’entretien du système, quant à lui, ne se prend pas à la légère. Voici ce que prévoit la législation :
- Vérification de la propreté de l’installation et séparation entre réseaux potable et non potable : tous les six mois.
- Grand nettoyage annuel comprenant : vidange, nettoyage des filtres, désinfection de la cuve. Une fois par an minimum, pas d’excuse pour le procrastinateur en vous !
Sanction sans pardon : carnet d’entretien et lourde amende à la clé
Et ce n’est pas fini : il vous faudra tenir un carnet d’entretien sanitaire, document à dégainer face à l’agent technique de la mairie en cas de contrôle. Ce précieux sésame est la preuve que vous jouez le jeu des règles à la lettre.
Soyez irréprochable ! Si d’aventure un agent découvrait une contamination du réseau public d’eau potable depuis votre installation, le couperet tombe : jusqu’à trois ans d’emprisonnement et 45 000 € d’amende. De quoi transformer votre passion pour l’écologie en gouffre financier… et judiciaire.
En conclusion : l’eau de pluie est une ressource de choix, mais pas question d’improviser. Informez-vous, équipez-vous selon les règles, entretenez consciencieusement votre installation et, surtout, gardez votre carnet d’entretien à jour. Et là, oui : vous pourrez arroser (votre potager) en toute tranquillité !
Passionné d’architecture intérieure et de beaux objets, Damian cultive depuis toujours un regard attentif sur l’art de vivre. Après plusieurs années passées dans le design et la communication, il lance Rive Gauche Décor pour partager ses découvertes, ses inspirations et ses coups de cœur. Entre adresses confidentielles, matières d’exception et tendances pointues, il dévoile chaque semaine une vision élégante de la maison, où chaque détail raconte une histoire.