Ramasser des champignons en forêt : attention, la loi est bien plus stricte que vous ne le pensez

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En automne, armé de votre panier en osier et sautillant sur les mousses, vous vous imaginez déjà rapporter fièrement cèpes, girolles et autres merveilles forestières… Attention pourtant : la cueillette de champignons en forêt n’est pas une simple promenade bucolique, mais un jeu balisé par des règles parfois beaucoup plus strictes que ce que l’on pense. Suivez le guide, histoire de cueillir l’esprit tranquille et d’éviter la prune qui pique plus que la vesse-de-loup !

La forêt, terrain de cueillette… pas si libre que ça !

On le sait, l’automne est LE rendez-vous des gourmands et naturalistes en quête de champignons : cèpes, morilles, pieds-de-mouton, trompettes-de-la-mort, girolles et autres figurent au menu des plus chanceux. Mais contrairement à la croyance populaire, toutes les forêts ne sont pas votre potager géant ! Eh oui : qu’elle appartienne à l’État, à la commune ou à un particulier, la forêt appartient toujours à quelqu’un.

  • Dans une forêt domaniale (c’est-à-dire publique et propriété de l’État), la cueillette des champignons est autorisée, mais attention, seulement pour votre propre table familiale. Si vous aviez l’idée de monter une start-up du champignon, il va falloir repasser.
  • Dans les forêts privées, finies les illusions de liberté : ici, les champignons appartiennent de droit au propriétaire du terrain, et il peut donc tout à fait interdire la cueillette. D’ailleurs, pas de panneau « cueillette interdite » ne veut pas dire « cueillette autorisée ». Prudence, donc.
  • Dans les parcs nationaux, régionaux ou zones protégées, la réglementation peut varier. Convention, arrêté, règlementation spéciale… tout est possible (et souvent indiqué sur de sages petits panneaux le long des chemins). Gardez l’œil, même si c’est surtout le nez que vous affûtez en automne !

Cueillir, oui : mais à quelle dose ?

Vous rêviez d’un record du monde de champignons ramassés ? Il va falloir calmer le jeu ! La réglementation veille, et la quantité récoltable est très précisément limitée. Il est prévu de ne pas dépasser 5 litres de champignons par personne et par jour (l’équivalent d’un petit panier), sauf réglementation locale plus restrictive. La modération est donc de rigueur… même si la tentation d’un deuxième panier peut être grande !

Quelques règles simples mais incontournables :

  • Ne cueillez que des champignons adultes et en bon état : pas question d’arracher les jeunes pousses ou d’écraser ceux qui n’ont rien demandé.
  • La destruction volontaire de champignons est tout simplement interdite ! Les mycéliums, ces héros discrets du sous-bois, travaillent depuis 500 millions d’années à maintenir notre écosystème : un peu de respect, tout de même !

Abus de cueillette : attention à la sanction !

Vous pensiez que seule la gourmandise était punie après un repas trop copieux ? Erreur ! Au pays des champignons, dépasser la limite ou ignorer les règles peut coûter cher. En cas de cueillette excessive, certains végétaux forestiers, comme le muguet ou les jonquilles, peuvent être menacés – raison pour laquelle des sanctions sont prévues. Vous pourriez être verbalisé si vous abusez des bonnes choses. Et si d’aventure vous teniez à revendre votre récolte sur le marché, sachez que cela est strictement interdit sans l’autorisation expresse de l’ONF (Office national des forêts).

Et n’espérez pas contourner la règle sous prétexte d’absence de panneau d’interdiction. En forêt privée, le silence des arbres n’est jamais synonyme de liberté !

Ramasser, c’est bien : mais protéger la forêt, c’est mieux !

Au-delà de la cueillette, la forêt recèle d’autres enjeux. Laisser le bois sec et les broussailles sur place s’avère un petit miracle naturel : cela offre un foisonnement inattendu à la surface et nourrit la vie souterraine (mycorhizes et mycéliums déploient leur magie invisible depuis la nuit des temps !). Mais revers de la médaille, ce bois mort favorise aussi la propagation qualitative des incendies d’été. Une tension philosophique et écologique, dont la forêt sort souvent grandie… non sans devoir panser ses plaies une fois le désastre passé.

En résumé : pour profiter des ressources de la forêt, prenez soin de respecter les règles, la nature, et – qui sait – vos voisins cueilleurs ! La prochaine fois que vous partez panier en main, rappelez-vous : la meilleure cueillette, c’est celle qui respecte la forêt, la loi, et l’avenir des champignons !

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