Pourquoi cette étrange mousse blanche apparaît-elle sur vos plantes au printemps ? La réponse inattendue des experts

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Au printemps, le retour du soleil s’accompagne parfois d’une surprise un peu moins lumineuse : une mousse blanche, façon mini crachat, qui envahit subitement vos rosiers, lavandes, marguerites ou même le moindre petit buisson. Non, ce n’est pas le résultat du dernier tournoi de foot du quartier, ni un mauvais sort jeté par le printemps… C’est un phénomène bien réel, vieille rengaine des jardiniers : l’arrivée de la cicadelle écumeuse !

La cicadelle écumeuse : un minuscule acrobate au service d’une mousse mystérieuse

Si vous n’avez jamais rencontré la bête, rassurez-vous, ce n’est pas étonnant : la cicadelle écumeuse ne mesure généralement pas plus d’un centimètre et sait passer inaperçue. Cet insecte, cousin proche de la cigale, possède des ailes antérieures entièrement cornées, dignes d’un coléoptère digne de ce nom. Sa spécialité ? Sauter, piquer et sucer la sève des plantes à une vitesse qui pourrait rendre jaloux un lézard hyperactif.

Sa gourmandise ne connaît presque aucune limite : tout le règne végétal (à l’exception des résineux), passe à la casserole… ou plutôt sous son rostre, instrument de prélèvement de la sève. Bref, votre jardin devient son buffet à volonté d’avril à septembre.

Les origines de cette mousse qui intrigue (et inquiète) les jardiniers

Mais revenons à la fameuse mousse blanche qui se développe souvent dès les beaux jours. À quoi ressemble-t-elle ? Visualisez un petit monticule mousseux, à la fois liquide et vaporeux, collé à une tige ou une feuille. Cette écume – dite aussi « crachat de coucou » ou « écume printanière » – n’est, en réalité, que la cachette de prédilection des larves de la cicadelle. Plutôt ingénieuses, ces mini-bestioles créent elles-mêmes ce micro-habitat en y insufflant de l’air. Résultat : de la mousse qui, niveau isolation et confort, pourrait donner des idées aux fabricants de bulles pour emballages.

Pourquoi faire ? C’est simple :

  • Protection contre les prédateurs
  • Bonne hydratation et isolement thermique
  • Environnement paisible pour grandir et devenir un redoutable adulte bondissant

Bref, une véritable forteresse miniature… qui n’a rien à voir avec un quelconque crachat animal ou humanoïde, malgré son surnom.

Faut-il s’inquiéter pour ses plantes ?

La bonne nouvelle, c’est que ces « crachats de coucou » ne sont généralement pas dangereux pour les végétaux. Ils gênent surtout les puristes de l’esthétique végétale. Le hic, s’il doit y en avoir un, vient des piqûres générées par ces insectes et leurs larves. Repérez-les par des petits points jaunes bien visibles sur les feuilles : traces du passage de la cicadelle.

En cas de très forte infestation – un vrai festival printanier de mousse ! – votre plante pourrait s’affaiblir, stopper sa croissance, et dans quelques cas extrêmes, mourir. Pire, la cicadelle peut aussi transporter sur ses pattes ou son rostre des maladies bactériennes. Ouille. Mais soyons honnêtes : dans la plupart des jardins, ce désagrément reste très relatif et touchera d’abord l’apparence de vos protégés.

Se débarrasser de la mousse blanche : méthodes simples et naturelles

Bonne nouvelle pour les amis des méthodes douces : pas besoin de sortir l’artillerie chimique pour éradiquer ce mini-foisonnement mousseux. Les astuces sont à portée d’arrosoir :

  • Un jet d’eau puissant suffit à déloger les larves et leur mousse de vos plantes préférées. N’hésitez pas à viser juste.
  • Pour les cas corsés, ajoutez un peu de savon noir à de l’eau et pulvérisez sur les intrus : c’est la même recette que celle utilisée contre les pucerons.
  • Favorisez la biodiversité dans votre jardin : les mésanges bleues, coccinelles et lézards raffolent de ces petites proies. Installez un nichoir, laissez un tas de bois, empilez quelques pierres sèches ou semez une prairie fleurie (et des orties, où les coccinelles pondent volontiers).

Pas de panique : aucun recours aux produits phytosanitaires n’est nécessaire.

En résumé, la mousse blanche qui apparaît sur vos plantes au printemps n’est ni dangereuse, ni générée par un coucou mal élevé, mais bien par la jeunesse ingénieuse d’un insecte très dynamique. Avec un peu d’observation, de jet d’eau et une pincée de nature sauvage, vous pouvez facilement garder votre jardin aussi luxuriant que le cœur du printemps. Laissez donc parfois la vie suivre son cours… avec ou sans bulles !

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