Quand vieillir rime avec audace et partage : elles sont trois à avoir franchi le pas de la colocation après 60 ans ! Pour Jany Coolen Debreyer, la solitude n’était pas une option. Entre rêve, galères de loyer et recherche du foyer parfait, récit d’une aventure humaine… et rurale !
Quand la persévérance paie : « Je ne voulais pas vieillir seule »
C’est avec ce credo que Jany Coolen Debreyer, 68 ans, s’est lancée dans ce projet un peu fou : organiser une colocation entre seniors. Après plus d’un an de persévérance et de recherches acharnées, cette ancienne infirmière à la retraite a enfin vu son rêve se concrétiser, dans la campagne de Gironde. « Nous venons tout juste de trouver la maison idéale. Nous avons signé les papiers, il n’y a plus qu’à s’y installer », confie-t-elle, la voix vibrante d’enthousiasme.
Rien n’a été simple pour autant : « Je me suis retrouvée avec une petite retraite de 1 500 euros, explique-t-elle. Je sais, pour d’autres c’est bien pire… Mais je vis seule dans une maison dont je suis locataire et je dépense plus de 750 euros par mois pour le loyer. Donc la situation est vite devenue compliquée », détaille-t-elle.
Des robots de cuisine à la colocation : un virage inattendu
Face à cette réalité financière, Jany tente d’arrondir les fins de mois en vendant des robots de cuisine à domicile. Mais voilà que la pandémie de Covid-19 vient tout chambouler ! Touchée par la maladie et en invalidité, elle doit renoncer à ses ventes et rester chez elle. « Depuis le début de la pandémie, je ne peux plus vendre mes produits à domicile car je dois tout faire pour me protéger du virus. » Un vrai coup dur. Mais il n’en faut pas plus pour qu’elle ait un déclic : pourquoi ne pas vivre avec d’autres seniors ? « Je ne voulais surtout pas rester à la charge de mes enfants même s’ils auraient accepté de m’aider », insiste-t-elle.
L’aventure des « Pénates du Sauternais »
Sourire aux lèvres et détermination à la main (oui, tout ça à la fois !), Jany s’attaque alors à la jungle de Facebook, écumant les groupes de colocation entre seniors. Finalement, elle crée même son propre groupe : Les pénates du sauternais. Et c’est là que la magie opère : elle croise virtuellement la route d’Anne, elle aussi infirmière retraitée (depuis l’Ardèche), et de Catherine, fonctionnaire retraitée du Médoc.
Les échanges se multiplient. « Nous avons beaucoup échangé, nous nous sommes appelées régulièrement et le courant est très vite passé entre nous. C’est rassurant car il est difficile de trouver les bonnes personnes », glisse Jany. Pour elle, une seule condition : s’installer en Gironde, près de son fils et de ses petits-enfants. Pas de quoi effrayer Anne et Catherine, qui acceptent immédiatement.
Une nouvelle vie à trois… et des poules dans le jardin ?
En septembre, notre trio s’installe donc à Sauveterre-de-Guyenne, dans une spacieuse maison en pleine campagne. Imaginez :
- Chacune sa chambre
- Plusieurs salles de bains (on évite la bousculade du matin !)
- Un grand jardin… et des poules en perspective !
Le loyer ? 1 100 euros à trois, soit une facture mensuelle plus qu’abordable… « Quand on divise par trois, ce n’est vraiment pas très cher. C’est justement un avantage important de la colocation. Nous allons partager tous les frais. »
Mais au-delà du portefeuille, le cœur compte aussi. Avant la pandémie, Jany était très active et voyait beaucoup de monde. Puis, le confinement a tout changé : « Comme je ne pouvais plus vendre de robots de cuisine, je me suis retrouvée seule du jour au lendemain chez moi. Et cela devenait de plus en plus pesant », avoue-t-elle.
Transmettre et accompagner : un projet qui a le vent en poupe
Aujourd’hui, Jany est soulagée et fière d’être allée au bout de son rêve. Et elle n’entend pas garder ses astuces pour elle seule : « La colocation entre seniors, c’est quelque chose de nouveau mais qui a le vent en poupe. Beaucoup de personnes me contactent sur Facebook pour me dire qu’elles sont intéressées. »
Attention cependant, l’objectif n’est pas de transformer leur foyer en colonie de vacances : pas de quatrième arrivante au programme ! Mais pas question non plus de fermer la porte à ceux qui rêvent de suivre leur exemple. Avec Anne et Catherine, Jany réfléchit à la création d’une association dédiée. Leur idée ?
- Accompagner les candidats à la colocation
- Expliquer les démarches à suivre
- Créer du lien entre seniors en quête de compagnons de vie
Car oui, « les gens n’ont pas cette culture d’aller vers les autres », admet Jany, qui aimerait vraiment faire bouger les lignes. Son message est clair : « Se lancer dans un tel projet, c’est une aventure… Mais il ne faut pas baisser les bras et y croire. »
Et vous, oseriez-vous franchir le pas ? Qui sait, la prochaine maison de rêve (avec jardin et poules), c’est peut-être la vôtre !
Passionné d’architecture intérieure et de beaux objets, Damian cultive depuis toujours un regard attentif sur l’art de vivre. Après plusieurs années passées dans le design et la communication, il lance Rive Gauche Décor pour partager ses découvertes, ses inspirations et ses coups de cœur. Entre adresses confidentielles, matières d’exception et tendances pointues, il dévoile chaque semaine une vision élégante de la maison, où chaque détail raconte une histoire.