Le geste à moins de 10 € qui pourrait sauver les hérissons cet hiver dans votre jardin

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Qui n’a jamais rêvé d’un jardin animé par le pas feutré d’un hérisson, surtout lorsque l’hiver redouble de rudesse ? Pourtant, croiser l’un de ces petits mammifères sur la pelouse devient un tour de chance… Et si une simple boîte, à moins de 10 euros, pouvait inverser la tendance ?

Le hérisson d’Europe : de plus en plus rare… en danger

Voir un hérisson farfouiller dans les feuilles, c’était presque banal. Aujourd’hui, cela relève du miracle, en particulier en hiver, quand ils peinent à trouver abri et nourriture. Ce n’est pas un simple ressenti : au Royaume-Uni, la Liste rouge des mammifères sonne l’alarme, classant déjà le hérisson d’Europe comme quasi menacé et qualifiant la population britannique de vulnérable. Côté hexagonal, la sonnette d’alarme retentit tout aussi fort : depuis octobre 2024, l’espèce figure chez nous aussi sur la liste rouge de l’Union internationale pour la conservation de la nature (IUCN).

Pourtant, ce discret visiteur des potagers fait office d’allié protecteur des légumes, dévorant limaces, escargots et insectes qui menaceraient vos salades. Un vrai pesticide sur pattes, sans la chimie ni les inconvénients ! Protéger le hérisson, c’est aussi dire non aux produits chimiques dans le jardin – et chaque jardinier peut y participer.

Des gestes simples à portée de main, même des plus jeunes

À Laval, Pauline Hiland n’a que 12 ans, mais déjà la fibre de la protection animale. Elle a vu son idée de « routes pour hérissons » sélectionnée par le budget participatif jeunes, avec un financement de 2 000 euros – de quoi sécuriser tout son quartier. Elle rejoint une question que tout le monde se pose en hiver : comment, avec des moyens simples, offrir un coup de pouce aux hérissons de nos jardins ?

Chez Pauline, la solidarité envers les piquants ne date pas d’hier. Sa famille a fabriqué, dès les débuts, des cabanes pour accueillir les visiteurs. Pour citer l’adolescente (France Bleu l’atteste) :

  • Un cageot en bois transformé en salle de restauration, pour poser croquettes et eau.
  • Une seconde cabane, dédiée au repos, soigneusement isolée, pour les grasses matinées hivernales.

Mais Pauline veut encore faire mieux et relie les jardins grâce à des passages qu’elle qualifie pudiquement de « déviations ». Le bénéfice ? Moins de hérissons forcés de traverser les routes et d’affronter les dangers du bitume. Elle ne compte plus les rencontres malheureuses dans son quartier : récemment, un hérisson porteur de larves de mouches, repêché dans un état critique, doit sa survie à cette vigilance de proximité.

Une boîte à moins de 10 € : la solution venue d’outre-Manche

Du côté du Royaume-Uni, Nik Mitchell, défenseur des hérissons, propose une astuce d’une simplicité déconcertante : il s’agit de transformer une boîte de rangement en plastique, achetée pour moins de 10 £ (environ 12 €), en palace anti-froid à hérissons.

  • On perce un trou d’environ 12 à 13 cm, assez large pour Hercule le hérisson, mais trop petit pour le chat du voisin (qui restera dehors).
  • À l’intérieur, un simple bloc de bois bloque la vue des prédateurs indiscrets.

Cerise sur le gâteau : les rats n’y voient que du feu, et la nourriture déposée est en sécurité.

Un réseau de jardins, la clé du sauvetage aux petits moyens

Mais pour que le geste pèse réellement dans la balance, il doit s’inscrire dans une action collective. Thomas Picq, de Mayenne Nature Environnement, précise : « Si on regarde la carte, on a un tissu de différents habitats. » Traduction : entre zones artificielles (bâtiments, terrasses, routes) et coins verts plus ou moins sauvages, tout le défi est de relier les espaces. Percer quelques trous dans les clôtures, les murs ou les points de séparation, et voilà nos hérissons dotés d’un métro souterrain discret entre jardins voisins.

Et attention aux bassins ou piscines non sécurisés : un hérisson qui s’y aventure risque la noyade. Il suffit pourtant d’une planche ou d’une rampe dès 10 € pour leur éviter le grand plongeon.

  • Si vous croisez un hérisson blessé ou actif en plein jour (pas commun pour une bête nocturne !), direction immédiate : centre de soins adapté.

Conclusion : Pour sauver les hérissons cet hiver, inutile de casser sa tirelire ! Quelques gestes simples suffisent : une boîte, un passage, un abri – et c’est tout le quartier qui prend soin de ses visiteurs piquants. L’hiver leur sera moins rude… et vos salades, mieux protégées.

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