Faut-il vraiment attendre pour tondre sa pelouse en février ? L’avis tranché d’un expert jardinage

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Votre gazon a déjà l’allure d’une chevelure sauvage en février et la tondeuse vous fait de l’œil ? Avant de transformer votre jardin en terrain de golf précocement, profitons de l’avis de Thomas Alamy, expert reconnu du jardinage, pour savoir s’il vaut mieux patienter ou dégainer les lames sans tarder.

La tentation de la première tonte… mais est-ce bien raisonnable ?

Il n’y a pas que Dominique, Rennais aux abois, à lever le sourcil devant son gazon devenue crinière. Avec les narcisses qui pointent déjà leur nez en Bretagne, la tentation de sortir la tondeuse est immense ! Surtout quand février se prend pour avril et que la douceur règne dans l’air. Mais attention, scande Thomas Alamy, auteur et spécialiste jardinage : « La reprise des tontes, c’est généralement à la mi-mars. Et si votre gazon est un peu haut, ce n’est peut-être pas très joli, mais ce n’est pas grave. » Voilà qui remet notre impatience en perspective. Eh oui, mieux vaut une pelouse ébouriffée que grillée par un gel tardif. N’oublions pas qu’on est encore en plein hiver, et que la douceur peut laisser place à un retour du froid, même jusqu’au fameux épisode des saints de glace début mai.

Température de l’air… et du sol : le duo à surveiller

Rester à l’affût du thermomètre extérieur ? Pas suffisant ! La vigie du vrai jardinier se tourne vers la température du sol. Il faut que celle-ci remonte : « 7°C, c’est la température dans le sol dont on parle souvent pour commencer à tondre sa pelouse, » détaille Thomas Alamy. Il ne suffit donc pas d’un ciel clément, il faut que la terre ait aussi pris un peu de chaleur avant d’envisager une coupe. Un brin de patience, donc, même si, concède l’expert, il serait malhonnête de nier les saisons déroutantes. Si le gazon gratte vraiment les chevilles et que l’envie de tondre surgit en mi-février, « c’est tout à fait possible », mais avec quelques garde-fous à respecter !

Tondre en février : les précautions à suivre

Pour ne pas transformer la tentative en catastrophe horticole, voici les recommandations de notre spécialiste :

  • Éviter les sols détrempés : Après la pluie, attendez trois à quatre jours avant de sortir la tondeuse. Fauche sur sol trempé = catastrophe assurée : l’herbe colle à la lame et au panier, et on risque de déchausser les brins à force de piétiner.
  • Tondre le gazon bien sec et plutôt l’après-midi : Cela facilite le travail et évite d’endommager les jeunes pousses.
  • Ne pas couper trop court : Gardez 6 à 7 centimètres d’herbe pour que le gazon reste robuste face à une éventuelle vague de gel. Le rasage intégral, c’est pour l’été… voire pour personne !
  • Ramasser la tonte, même si la paresse vous guette : À cette période, laisser les déchets sur place risquerait de bloquer la lumière et l’aération. Résultat : mousse et champignons à la clé…

Les bons gestes post-tonte pour un gazon au top

La première coupe rangée, Thomas Alamy recommande quelques soins pour garder une pelouse pimpante :

  • Scarification ou bon vieux râteau : Après la tonte, un coup de scarificateur (ou de râteau) permettra d’éliminer la mousse, mais aussi de démêler les brins d’herbe écrasés par les intempéries.
  • Aérer le sol : Facile avec des patins aérateur, ces drôles de surchaussures munies de piques. Sinon, quelques coups réguliers de fourche bêche sur une dizaine de centimètres de profondeur font aussi l’affaire. L’idée : aider l’eau à pénétrer et limiter l’arrivée de la mousse.
  • Nourrir le gazon : Quand les tontes s’enchaînent, un petit apport d’engrais spécial gazon, de terreau ou de compost bien mûr sur 1 ou 2 cm peut booster la vigueur de votre pelouse.

En résumé ? Rien ne presse ! Tondre en février, possible mais pas sans précautions de chef d’orchestre hôtelier et respect du cycle naturel. Un gazon bien entretenu, c’est d’abord un gazon respecté… et jamais tondu sur un coup de tête (ou de faux !).

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