Le jardin en décembre ? On pense souvent qu’il hiberne, que la terre se fige et que la bêche peut roupiller au fond de l’abri. Mais détrompez-vous ! Ce mois discret cache en fait le secret d’un printemps qui épate le voisinage. Cueillez votre courage… et vos gants, car tout se joue maintenant !
Derniers chantiers avant l’hiver : pourquoi ne surtout pas attendre ?
Décembre, c’est un peu la dernière chance pour préparer un jardin qui donnera le meilleur de lui-même au retour des beaux jours. Tandis que beaucoup rangent outils et résolutions au placard (avec les décorations de Noël un peu défraîchies), quelques heures investies maintenant valent de l’or. Entre les dernières plantations, la protection contre le gel et les petits gestes en faveur de la biodiversité, il suffit d’un rien pour créer un décor renversant au printemps.
Bulbes de printemps : le moment ou jamais !
Pour un jardin full couleurs digne d’un tableau impressionniste, hors de question de snober les bulbes de printemps. Tulipes, narcisses, crocus, muscaris, jacinthes… : ils demandent à passer l’hiver sous terre. Leur secret ? Une bonne période de froid, dans un sol entre 8 et 10 °C, leur permet de bien s’enraciner avant le grand show de la floraison.
- Novembre est la période idéale, mais jusqu’à la mi-décembre, il n’est pas trop tard… du moment que le sol ne soit pas gelé.
- Les bulbes adorent une terre légère, riche, bien drainée. Si le sol est lourd ou argileux, hop, on y ajoute sable ou compost pour éviter l’effet « piscine à bulbes » qui, avouons-le, termine souvent en tragédie par pourrissement.
Une fois ces plantations réalisées, place à la sécurité : la mission paillage commence !
Paillage et protection hivernale : gardiens du temple (et des racines)
Chausser le jardin d’un bon paillis, c’est lui offrir sa couette d’hiver. Simon Parry, expert en aménagement extérieur, le résume ainsi : un bon paillis maintient la chaleur des racines, conserve l’humidité, garde les mauvaises herbes à distance et limite la casse due au gel.
- Une couche de 5 à 8 cm de compost, d’écorces ou de feuilles bien décomposées autour des vivaces et des arbustes fait toute la différence.
- En décembre, il est aussi sage de vérifier les bulbes ou tubercules stockés à l’abri et de retirer sans états d’âme ceux qui sont mous ou moisis. C’est la loi du plus fort (ou du moins véreux) !
- Pour les plantes frileuses (oui, elles aussi redoutent l’hiver !), on peut déménager ou emballer. Les pots en terre se regroupent contre un mur abrité, sous voile d’hivernage, ou filent en serre si on en a une sous la main. Les arbustes plus sensibles apprécient un voile respirant : la lumière passe, mais le vent et le froid restent dehors.
L’idée ? Protéger racines et parties aériennes du gel, de la neige et des mauvais caprices du climat, afin qu’au printemps, la vigueur soit au rendez-vous.
Potager, biodiversité : décembre, mois d’action pour fainéants astucieux
Que ceux qui rêvaient d’une pause se consolent : le potager a encore besoin de vous, mais sans abuser ! C’est le moment d’ameublir les sols lourds, d’incorporer du compost, de butter poireaux et choux pour faire face aux tempêtes. Pour les impatients, quelques semis de cresson alénois, de persil ou de cerfeuil (sous châssis ou en serre froide) donneront des récoltes ultra-précoces.
Et après le grand air, quand la nuit tombe, on trie les sachets de graines, on planifie les rotations de cultures… voire on crayonne le plan du potager. De quoi éviter les syndromes du « mince, où vais-je bien pouvoir glisser mes tomates ? » en février.
Parce qu’un jardin vivant, c’est aussi un jardin pour les oiseaux, décembre est la saison idéale pour planter une aubépine, ce havre de paix à fruits rouges qui ravit la gent ailée (et neutralise quelques grammes de culpabilité écologique). Cindy Watter souligne que l’aubépine offre gîte et couvert aux oiseaux, pour un entretien minimal. En attendant la profusion de cenelles, une mangeoire propre, de l’eau non gelée, des graines et du suif feront affluer mésanges et rouges-gorges…
- Pensez à casser la glace régulièrement pour offrir de l’eau fraîche.
- Veillez à nettoyer la mangeoire pour éviter les maladies.
En résumé : Jardiner en décembre n’est pas une punition, c’est l’assurance d’amorcer la renaissance du jardin ! Bulbes, paillage, potager et oiseaux font le succès des beaux jours. Une petite parenthèse active, et votre printemps promet d’être grandiose… Évitez d’attendre, votre futur jardin vous dira merci (et vos voisins aussi, avouez-le !).
Passionné d’architecture intérieure et de beaux objets, Damian cultive depuis toujours un regard attentif sur l’art de vivre. Après plusieurs années passées dans le design et la communication, il lance Rive Gauche Décor pour partager ses découvertes, ses inspirations et ses coups de cœur. Entre adresses confidentielles, matières d’exception et tendances pointues, il dévoile chaque semaine une vision élégante de la maison, où chaque détail raconte une histoire.