Chaque hiver, la même scène se répète : fenêtres couvertes de perles d’eau, et esprits un brin fleur bleue s’imaginant des solutions miracles sorties du chapeau. Faut-il vraiment mettre un bol de sel près des fenêtres pour remporter cette bataille contre la condensation que l’hiver ne manque pas de nous imposer ? Plongeons dans le vif du sujet, preuves scientifiques et conseils d’experts à l’appui.
Le retour de la condensation : pourquoi l’air s’en mêle-t-il ?
Dès que le mercure frôle la descente aux Enfers et que les jours tirent leur révérence plus vite qu’un marathonien sur la ligne d’arrivée, nos maisons s’adaptent au tempo hivernal. Chauffages au garde-à-vous, poêles allumés, chacun rivalise d’astuces pour supporter le froid. Dans certains pays, ces astuces prennent un accent local : de l’autre côté de la Manche, au Royaume-Uni, beaucoup recommandent un petit bol d’eau salée posé près de la fenêtre. On pourrait croire à une légende urbaine de pub anglais, mais qu’en est-il vraiment ?
Avant d’interroger le sel, revenons à l’ennemi numéro un de nos vitres : la condensation. Ce phénomène se produit quand la vapeur d’eau flottant dans l’air rencontre une surface bien décidée à rester froide, comme le verre de nos fenêtres en hiver. Résultat : transformation magique en gouttelettes et apparition de traînées aussi esthétiques qu’un tableau d’enfant après la pluie. Et ce n’est pas tout, car ces gouttelettes, si elles s’accumulent, peuvent également inviter la moisissure à la fête.
Selon la National Oceanic and Atmospheric Administration (NOAA), la condensation ne dépend pas simplement de la température ambiante, mais surtout de la différence entre la température de l’air intérieur et le fameux « point de rosée », c’est-à-dire celle à laquelle l’air ne peut plus conserver son humidité et décide de tout lâcher sur nos carreaux.
Le sel, super-héros ou poudre aux yeux ? Ce que dit la science
C’est là qu’intervient l’idée du bol de sel. Sa réputation repose sur ses propriétés hygroscopiques, autrement dit sa capacité à absorber l’humidité. Andy Ellis, expert en maison et jardin cité dans le Mirror, résume l’astuce en mode concentré : « Remplissez simplement un petit récipient de sel, cela pourrait bien faire l’affaire pour réduire les gouttelettes de condensation sur vos fenêtres ». Bref, le sel attirerait l’humidité de l’air avant qu’elle ne vienne s’installer sur la vitre.
Du point de vue scientifique, l’ingénieur chimiste John Francis Richardson rappelle que le sel de table, alias chlorure de sodium, commence à attirer l’eau dans l’air lorsque l’humidité relative atteint 74 % à température ambiante. Au-dessus de ce seuil, le sel se montre soudain très serviable pour capter la vapeur d’eau. Mais en dessous ? Eh bien, c’est là que le bât blesse…
- Dans la grande majorité des intérieurs britanniques, l’humidité varie entre 30 et 60 %, largement en-dessous de ce seuil décisif.
- Seules certaines pièces très humides, style salle de bain ou cuisine après une bataille de spaghettis, peuvent atteindre (ou franchir) ce niveau.
Autrement dit, dans les environnements modérément humides (ce qui est souvent le cas), le bol de sel fera de son mieux, mais on ne peut pas compter sur lui pour régler tous les soucis de condensation. Il sera surtout efficace dans des espaces particulièrement sujets à l’humidité.
Ventiler ou absorber : quelle solution est la plus efficace ?
Retenons-le : la méthode du bol de sel a ses limites, notamment because il lui faut un certain taux d’humidité pour fonctionner à plein régime. Dans les logements courants, excepté quelques endroits ciblés, la magie opère peu ! Résultat, cette astuce fait parfois plus travailler notre imagination (et moins notre hygromètre) qu’elle ne modifie le quotidien.
Heureusement, il existe un remède dont l’efficacité a été prouvée (et qui n’exige aucun sacrifice en sel de table) : la ventilation. Exactement comme dans une voiture embuée au cœur de l’hiver, renouveler l’air permet d’éviter à l’humidité de squatter nos surfaces froides. Installer des aérations au niveau des fenêtres ou simplement les entrouvrir de temps en temps suffit souvent à réduire radicalement la condensation.
Conclusion : sel ou aération, le match est-il joué ?
En résumé, si l’idée de poser un bol de sel vous brûle les doigts, sachez que c’est une astuce sans danger pour votre portefeuille… mais avec un impact souvent limité hors des pièces vraiment humides. La vraie clé, c’est de prendre l’habitude d’aérer régulièrement, histoire de ne pas laisser la condensation et la moisissure faire leur nid en douce.
À vous de jouer cet hiver : sel, pas sel, mais surtout, un bon courant d’air, et le tour est joué ! La condensation n’aura qu’à bien se tenir.
Passionné d’architecture intérieure et de beaux objets, Damian cultive depuis toujours un regard attentif sur l’art de vivre. Après plusieurs années passées dans le design et la communication, il lance Rive Gauche Décor pour partager ses découvertes, ses inspirations et ses coups de cœur. Entre adresses confidentielles, matières d’exception et tendances pointues, il dévoile chaque semaine une vision élégante de la maison, où chaque détail raconte une histoire.