Quand le froid s’installe, certains habitants discrets trouvent asile… sous nos pieds ! Les serpents, champions du camouflage, profitent ingénieusement des terrasses pour passer l’hiver. De quoi observer, s’étonner, mais pas paniquer : découvrons pourquoi ces colocataires écailleux, loin d’être des intrus, sont en réalité des alliés silencieux.
Où disparaissent les serpents en hiver ?
Chaque automne marque la fin des frôlements furtifs dans l’herbe et des têtes écailleuses surgissant sur les sentiers. Pourtant, les serpents ne quittent pas vraiment notre environnement : certains se réfugient littéralement sous nos pieds, sous les dalles de terrasse ou les marches de pierre.
Dès que les températures chutent, les serpents entrent dans une phase de brumation, une sorte de « pause hivernale » durant laquelle leur métabolisme ralentit. À la différence des mammifères qui plongent dans un profond sommeil, les reptiles, eux, restent semi-éveillés et prêts à profiter du moindre rayon de soleil.
Pourquoi les terrasses sont des refuges prisés ?
Pour affronter l’hiver, les serpents sont à la recherche d’un abri stable, sec, à l’abri du gel et des nuisances. Selon l’Office français de la biodiversité (OFB), les dalles de terrasse, marches en béton ou escaliers en pierre constituent des refuges de choix. Pourquoi ?
- Ces structures emmagasinent la chaleur de l’été
- Elles protègent du vent et de l’humidité
- Elles offrent des interstices discrets, invisibles à l’œil nu
Il n’est donc pas rare, notamment dans le sud de la France, d’y trouver des espèces comme la couleuvre à collier, la couleuvre verte et jaune ou la vipère aspic, parfois en groupe, vivant leur hiver dans un calme absolu.
Que dit la loi ? Et comment réagir si j’en trouve un ?
Découvrir un serpent sous sa terrasse peut surprendre, voire inquiéter. Pourtant, inutile de céder à la panique ou à la chasse à l’écailleux ! En France, toutes les espèces de serpents sont protégées par la loi. L’arrêté du 8 janvier 2021 interdit formellement leur capture, leur déplacement ou la destruction de leur abri.
En clair, soulever une dalle « pour vérifier » ou tenter de les déloger peut être considéré comme une atteinte à leur habitat. Sans compter que vouloir les attraper soi-même est à la fois risqué… et illégal. Que faire alors ?
- Ne pas intervenir !
- Contacter un centre de sauvegarde de la faune sauvage ou le service environnement de votre mairie en cas de doute
Des spécialistes sauront intervenir sans mettre en danger ni l’animal, ni les curieux humains.
Comment reconnaître un abri à serpents ? Risque réel ou présence utile ?
Quelques indices peuvent trahir la présence de serpents : petits fragments de mue près des fissures ou des joints, crottes sèches ou même de petits rongeurs morts (symptômes d’un abri occupé avant le repos hivernal). Un amas de feuilles, un sol légèrement surélevé ou un trou discret sous une marche sont autant d’indices… Si vous observez cela entre octobre et mars, mieux vaut garder ses distances et éviter de déplacer les dalles, période où les serpents ne quittent que rarement leur cachette.
Mais faut-il vraiment s’inquiéter ? En réalité, avoir un serpent sous sa terrasse n’est ni dangereux ni exceptionnel. Contrairement aux idées reçues, ces reptiles n’ont aucune envie d’entrer dans les habitations : ils fuient bruit, vibrations et lumière. Leur unique objectif : patienter bien au chaud jusqu’aux beaux jours pour partir chasser les petits nuisibles.
Mieux encore, les serpents jouent un rôle clé : ils régulent naturellement la population des mulots et souris autour des maisons. Ils ne creusent pas, n’abîment aucune structure, et laissent rarement de traces visibles. La majorité du temps, les habitants ignorent même leur présence. Lorsque revient le printemps, les serpents ressortent discrètement pour retrouver leur vie de prédateurs invisibles.
Vivre avec les serpents : de la surprise à la cohabitation intelligente
Quand l’hiver arrive, nos maisons offrent, sans qu’on le réalise, un refuge sûr à une petite faune discrète. Les serpents, loin de chercher la compagnie humaine, aspirent seulement à se prémunir du froid, restant dehors sous les dalles ou marches. Leur présence n’a donc rien d’alarmant.
Cohabiter, c’est respecter cet équilibre subtil entre nos aménagements et la nature. Qui sait ? Peut-être qu’au printemps, votre terrasse aura discrètement hébergé un précieux allié du jardin, efficace, silencieux et parfaitement incognito la majeure partie de l’année !
Passionné d’architecture intérieure et de beaux objets, Damian cultive depuis toujours un regard attentif sur l’art de vivre. Après plusieurs années passées dans le design et la communication, il lance Rive Gauche Décor pour partager ses découvertes, ses inspirations et ses coups de cœur. Entre adresses confidentielles, matières d’exception et tendances pointues, il dévoile chaque semaine une vision élégante de la maison, où chaque détail raconte une histoire.