Envie de faire un tour en forêt et de remplir votre coffre de bois mort « pour la bonne cause » ? Avant d’enfiler vos bottes et de sortir la scie, savez-vous vraiment ce que la loi en dit ? Attention, ramasser du bois dans les bois n’a rien d’anodin, et ce n’est pas parce que votre voisin de palier s’y croit autorisé que c’est légal ! Faisons le point, droits, risques et solutions comprises.
Forêts privées : touche pas à ce bois !
- Beaucoup de forêts en France sont privées.
- Il est interdit d’y pénétrer sans autorisation et encore plus d’y ramasser du bois, même s’il est mort.
- Entrer dans une forêt privée n’est pas un délit pénal (sauf violation de domicile)… mais soulever une branche pour partir avec, si !
- Le bois appartient au propriétaire du terrain, selon l’article 547 du code civil.
- S’aider en bois mort (ou vivant) peut donc être qualifié de vol : jusqu’à trois ans d’emprisonnement et 45 000 € d’amende (article 311-2 du code pénal)
- Les parcelles sont souvent signalées par un panneau « propriété privée ». Si rien n’est indiqué, votre bonne foi pourra, peut-être, jouer en votre faveur.
Forêts publiques : pas d’auto-service non plus
- « Si la forêt n’est pas privée, je peux prendre ce que je veux », pensez-vous ? Désolé de casser l’ambiance champêtre : c’est interdit là aussi.
- Le bois mort, branches et feuilles renversées par le vent, sont des trésors : ils enrichissent le sol, nourrissent la forêt et offrent un abri à une multitude de petites bêtes.
- Ramasser du bois en forêt publique peut vous valoir jusqu’à 1 500 € d’amende (article R163-1 du code forestier).
- Vous risquez même les mêmes peines que pour du vol (soit 3 ans de prison et 45 000 € d’amende) si vous coupez ou enlevez des arbres d’au moins 20 centimètres de circonférence (article L163-7 du code forestier).
- Quant aux bûches alignées le long des chemins forestiers, elles ne sont pas là pour vous faciliter la corvée de bois : elles appartiennent souvent à un exploitant ou un chauffagiste lié par contrat avec la collectivité. Leur subtilisation = vol.
Existe-t-il des astuces légales pour se chauffer au bois ?
Heureusement, il existe des moyens légaux de remplir votre bûcher sans finir sur le banc des accusés. Voici quelques pistes à explorer si vous rêvez de soirées au coin du feu :
- Contactez les propriétaires forestiers aux alentours. Certains vendent directement du bois aux particuliers ; une discussion de voisinage peut donc s’avérer utile (et conviviale !).
- Passez par votre mairie. Certaines communes perpétuent la très vieille tradition d’affouage : elles autorisent leurs administrés à prélever du bois destiné au chauffage domestique, moyennant une taxe. Renseignez-vous sur les conditions précises (proportion de bois, types prélevables, modalités…)
- L’affouage, pratiqué depuis le Moyen Âge, est encadré par les articles L145-1 et suivants du code forestier. Chaque commune décide notamment des parts, du mode de répartition et des « ramassages » autorisés : bois sur pied ou déjà abattu, volumes, etc.
- Autre solution : rapprochez-vous de l’Office National des Forêts, qui propose bois de chauffage et informations pratiques (onf-energie-bois.com).
Petit bilan avant de vous transformer en bûcheron
Non, ramasser quelques brindilles en forêt n’est pas anodin. La loi veille au grain — et au tronc ! — et les peines de vol s’appliquent très sérieusement. Loin de pénaliser gratuitement, elles préservent la santé des forêts et leur rôle écologique fondamental. Si votre cheminée réclame du bois, privilégiez les solutions licites : négociation locale, affouage ou achat légal. Le confort au coin du feu est bien meilleur avec l’esprit tranquille !
Passionné d’architecture intérieure et de beaux objets, Damian cultive depuis toujours un regard attentif sur l’art de vivre. Après plusieurs années passées dans le design et la communication, il lance Rive Gauche Décor pour partager ses découvertes, ses inspirations et ses coups de cœur. Entre adresses confidentielles, matières d’exception et tendances pointues, il dévoile chaque semaine une vision élégante de la maison, où chaque détail raconte une histoire.