Le lucane cerf-volant, l’insecte géant qui intrigue au jardin : pourquoi il ne faut surtout pas s’en méfier

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Il est grand, il vole bizarrement, il fait du bruit (mais seulement quand il veut se faire remarquer), et pourtant, il est inoffensif : le lucane cerf-volant est de retour au jardin ! Dans un printemps 2024 aussi pluvieux qu’un matin d’octobre, cet insecte rare attire tous les regards, entre fascination et légère inquiétude. Mais faut-il vraiment s’en méfier ? Spoiler : il fait beaucoup de bruit, mais ne casse rien. Découvrez pourquoi il est temps de jeter un œil attendri sur ce géant méconnu du bocage !

Un géant discret qui intrigue dans nos jardins

  • Le lucane cerf-volant débarque dans nos jardins dès le mois de mai, jusqu’au milieu de l’été. Il s’invite surtout à la campagne, dans les lieux proches des bois, les parcs, les haies bocagères ou les bosquets. Sa silhouette imposante et ses mandibules dodues peuvent susciter un réflexe de recul… Mais halte aux préjugés !
  • Sa famille ? Les Lucanidés et les Scarabéidés, rien que ça. Quant à sa taille, on parle tout de même du plus grand coléoptère d’Europe : il peut atteindre 9 centimètres. Si vous pensez croiser un bébé dinosaure sur votre terrasse, c’est peut-être simplement lui.
  • Sa femelle arbore le délicieux nom de “grande biche”, ses mandibules rappelant des bois de cerf, donnant toute son élégance à ce spécimen unique.

Méfiez-vous des apparences… mais pas de lui !

L’apparence du lucane cerf-volant a de quoi surprendre : deux mandibules proéminentes (qui rappellent le scarabée), un vol à la verticale pas franchement orthodoxe, et un bruit en plein vol qui n’a rien à envier à un hélicoptère miniature. De quoi donner des sueurs froides aux moins aguerris… Mais sachez-le : il est totalement inoffensif. En fait, il préfère largement la compagnie d’une partenaire à la vôtre durant cette période, autant dire que vous ne l’intéressez pas vraiment (désolé).

Alors, est-il un pinceur professionnel ? Absolument pas. Ses mandibules sont assez fortes pour creuser dans le bois pourri ou se battre (gentiment) avec d’autres mâles, mais elles ne risquent pas de vous attaquer. Le maximum qu’il puisse faire ? Vous pincer un peu pour se défendre, et encore, il n’en a vraiment pas l’intention sans raison. Le lucane cerf-volant n’a, soyons clairs, rien d’un trouble-fête.

Un allié méconnu, et surtout menacé

  • Contrairement à ce qu’on pourrait imaginer, cet insecte n’a rien d’un nuisible. Au contraire, il joue un rôle écologique très précieux en se nourrissant de bois malade ou mort, débarrassant ainsi les jardins de ce bois encombrant.
  • En plus, c’est un insecte discret : il vole peu, ne vient pas chercher querelle (sauf pour séduire sa dulcinée) et n’a rien d’envahissant.
  • Mais attention : le lucane cerf-volant est en voie de disparition. Il figure sur la liste rouge européenne de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) et bénéficie d’une protection particulière en Europe, via la directive “habitats faune flore” de 1992 nécessitant la création de zones spécifiques. Conclusion ? On devrait dérouler le tapis rouge pour lui, pas l’inverse.

Comment l’aider à survivre dans votre jardin ?

Malgré leurs airs de super-héros, les lucanes cerf-volant ont la vie dure :

  • Ils ont de très nombreux prédateurs naturels : geais, pies, rapaces les attaquent pendant leurs (trop lents) vols, tandis que guêpes et coléoptères carnivores s’en prennent à eux à l’état de larve.
  • Résultat : leurs effectifs diminuent et chaque petit geste compte pour les préserver !

Un conseil simple et efficace : laissez quelques vieilles souches ou troncs d’arbre dans un recoin de votre jardin. Cela offrira gîte et couvert à ce coléoptère hors-norme. En échange, il recyclera le bois malade et participera à la vitalité de votre espace vert, ni vu ni connu.

Pour conclure, face à cette curieuse créature qui arpente discrètement vos buissons les soirs d’été, n’ayez plus peur : le lucane cerf-volant n’est pas un monstre, mais un allié rare et précieux dont la beauté n’a d’égal que la fragilité. Accueillez-le avec curiosité… et une bonne souche de bois, il vous dira merci à sa façon !

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