Ce que les hérissons ne supportent pas : la liste noire à connaître absolument

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Si croiser un hérisson au crépuscule de votre jardin vous donne des envies de nourrissage, retenez bien ceci : ce petit mammifère, aussi attachant soit-il avec son museau curieux et ses piquants dissuasifs, n’a pas l’estomac d’un ogre. Certains aliments sont carrément toxiques pour lui ! Voici la liste noire à connaître pour préserver ces précieux auxiliaires du jardin.

Anatomie et appétit du hérisson : pourquoi leur régime est si particulier

Le hérisson est avant tout un insectivore, avec une denture sur-mesure : adulte, il possède entre 34 et 40 dents, dont la dureté lui permet de broyer vers de terre et insectes (qui, soit dit en passant, lui usent les molaires à cause du sable contenu dans leurs tubes digestifs !). Mais ne vous y trompez pas : c’est aussi un opportuniste-omnivore, capable de s’adapter à ce qu’il trouve.

Son tube digestif simple, de 1,5 m de long, digère en à peine 16 heures. Il peut engloutir jusqu’à 94 g de nourriture par jour ! Bon à savoir : bien nourri, il peut se passer d’eau, car un insecte est composé majoritairement d’eau… et, en plus, le hérisson élimine l’eau ingérée très lentement, par des urines particulièrement concentrées.

Côté goût, le hérisson a ses têtes… et ses bêtes noires !

Ne vous y trompez pas, notre hérisson ne raffole ni de l’amertume ni de l’acidité. En revanche, il a une appétence certaine pour le sucré et le salé, en particulier le sel à concentration similaire à celle de son sang. Mais “omnivore” ne veut pas dire “poubelle sur pattes” ! Il profite aussi bien des œufs volés aux nids de sol, que des végétaux – jusqu’à 12 % du total de son alimentation – et, selon la saison, varie ses plats principaux entre mille-pattes (jusqu’à 40 % de son régime !), vers, limaces, perce-oreilles, cloportes…

Doté d’un flair exceptionnel et d’un museau humide très développé, il fouille la nuit le sol à la recherche de quoi se mettre sous la dent.

Aliments à bannir : la liste noire officielle

  • Le lait et le pain : même s’il semble apprécier, ces deux-là peuvent provoquer des diarrhées mortelles, entraînant une déshydratation fatale. Et comme l’animal s’éloigne pour mourir, ne croyez pas qu’il « digère bien » sous prétexte de le voir revenir !
  • Les produits laitiers en général (beurre, etc.), responsables de sérieux troubles gastriques.
  • Le chocolat : bourré de théobromine, fatal chez le chien, il stimule le système nerveux, le cœur et accentue la déshydratation qui menace déjà tant le hérisson.
  • Les aliments trop salés et gras (croquettes de chat ou chien standard, jambon…), inadaptés parce qu’ils contiennent trop de graisses et de céréales.
  • Certains fruits et légumes : laitue Iceberg (salmonelles), carottes crues, poivrons, oignons, ail, maïs, ananas, raisin, agrumes, fruits séchés. À bannir : leur digestion pose problème.
  • La bière, l’alcool et certains pièges à limaces sucrés (grenadine diluée…), ils sont inappropriés. Prudence avec tout ce qui pourrait attirer l’animal.

En dehors de ces aliments, gardez en tête que même fruits et légumes sûrs ne sont à donner qu’à des jeunes d’au moins 8 semaines, et de préférence… pas trop !

Quelques anecdotes, conseils et précautions

  • Le hérisson passe 87 % de son temps à se reposer le jour et ne sort que la nuit. Un hérisson aperçu en pleine journée est généralement en détresse et doit être rapidement amené auprès d’une association. Les mouches, très rapides à pondre sur ces animaux immobiles, sont une réelle menace.
  • Si vous trouvez un hérisson mal en point, évitez les nourritures improvisées. Il existe des pâtées spéciales, mais le mieux, dans le doute, reste de le laisser faire son ménage de cloportes et chenilles (les haricots verts et tomates crus sont autorisés, mais sans excès).
  • Leur inclinaison naturelle à escalader des grillages ou obstacles n’est plus à démontrer ! Et certaines rivalités existent même à la gamelle – prévoir plusieurs points d’eau en été est salutaire.
  • Côté résistance aux poisons, méfiez-vous des pesticides : ils causent 26 % des décès chez ces animaux, malgré une formidable endurance à l’arsenic ou au tétanos !

Conclusion : Si vous croisez un hérisson dans votre jardin, résistez à la tentation de lui offrir tout ce qui vous tombe sous la main. La meilleure preuve d’amour, c’est souvent de le laisser évoluer tranquillement et, à la rigueur, de lui réserver un petit coin de prairie et une coupelle d’eau fraîche, loin des dangers humains… et culinaires !

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