Attention : ces 5 erreurs à éviter absolument pour protéger les rouges-gorges en novembre

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Attention : ces 5 erreurs à éviter absolument pour protéger les rouges-gorges en novembre

Le froid s’installe, la lumière faiblit… et dans votre jardin, soudain, un petit poitrail flamboyant s’agite, défiant la grisaille. Le rouge-gorge familier, véritable vedette de nos jardins français, chercherait bien refuge chez vous en novembre. Mais gare aux fausses bonnes intentions et aux gestes maladroits qui peuvent compromettre sa survie ! Savez-vous qu’un tiers des rouges-gorges a disparu depuis les années 1980 selon le Muséum national d’Histoire naturelle ? Il est temps d’ouvrir l’œil et le bon, car la saison froide ne pardonne pas les erreurs. Voici donc, sans détour et avec cœur, les 5 impairs à ne surtout pas commettre si vous voulez accueillir ce visiteur aussi vif que délicat.

1. Nourrir sans discerner : gare aux dangers sur la mangeoire

Donner à manger aux oiseaux, c’est généreux. Mais tout n’est pas bon pour eux ! Au point que la Ligue pour la Protection des Oiseaux avertit chaque année dès la Toussaint. Ne tombez pas dans ces pièges :

  • Boules de graisse industrielles avec filet : piège mortel : le filet peut coincer pattes ou langue. Préférez toujours une version sans filet, ou, mieux encore, fabriquez-les vous-même.
  • Mélanges de graines génériques : inutile pour le rouge-gorge ! Ce n’est pas un amateur de graines. Il picore au sol, cherchant vers de terre, baies et fruits mous. Offrez-lui plutôt des raisins secs réhydratés, des pommes coupées, ou des vers de farine séchés… et vous verrez, il reviendra.
  • Graines moisies ou eau croupie : le cauchemar hivernal ! Les bactéries raffolent du froid et se multiplient sur les mangeoires. Selon une étude du RSPB britannique, 11% des morts d’oiseaux dans les jardins l’hiver sont dues à une mauvaise hygiène alimentaire.
  • Pain : grand classique… mais mauvaise idée ! Il nuit à la digestion du rouge-gorge, surtout en période froide. À bannir, donc.

2. Jardin trop « impeccable » : un désert pour les rouges-gorges

« Jardin propre » rime trop souvent avec « abri disparu ». À l’automne, on coupe, on taille, on souffle, on range. Seulement, c’est oublier que le rouge-gorge établit son territoire dès novembre et cherche abri dans les haies denses, ronces, tas de bois ou friches naturelles. Trop astiquer son jardin, c’est lui retirer sa couverture… et donc son abri.

Une étude de l’Office français de la biodiversité est formelle : laisser des zones sauvages ou semi-naturelles augmente de 40 % la présence d’oiseaux nicheurs dans les six mois suivants. Cela vaut aussi pour notre ami à plastron rouge. Cerise sur le gâteau, les tas de feuilles et de branches mortes attirent toute une petite faune (limaces, araignées, larves) dont raffole le rouge-gorge. En somme, votre paresse… fait du bien à la biodiversité !

3. Oublier l’eau (même en hiver !) : un plumage en péril

On ne le répétera jamais assez : les oiseaux ont besoin d’eau toute l’année, même en hiver. Ce n’est pas qu’une question de soif : leur plumage, véritable rempart contre le froid, doit régulièrement être nettoyé. Un rouge-gorge qui ne peut pas lisser ses plumes à 5 °C perd jusqu’à 10 % de son poids corporel ! Il suffit d’un récipient peu profond, renouvelé chaque jour. Pour limiter le gel, une pierre plate encore tiède ou une balle de ping-pong (si si !) créera un peu de mouvement. Malin et efficace.

4. Négliger la tranquillité et la sécurité

Un dernier piège, plus subtil : le stress. Le rouge-gorge est territorial, parfois électrique avec ses semblables, et il a horreur des mangeoires exposées ou mal placées (trop près des passages, trop exposées au vent ou trop basses). L’idéal ? Un coin calme, dégagé pour voir venir les prédateurs, mais protégé des bourrasques.

Et à propos de prédateurs, impossible d’ignorer les chiffres de l’INPN : en France, les chats domestiques tuent environ 75 millions d’oiseaux chaque année… Si vous aimez à la fois votre félin et vos rouges-gorges, gardez le chat à l’intérieur pendant les moments clés de nourrissage, tôt le matin ou le soir. C’est le meilleur moyen d’éviter les drames.

En conclusion : derrière un jardin trop bien rangé, se cache souvent un désert pour la biodiversité. Veillez à offrir au rouge-gorge nourriture adaptée, refuges naturels et un peu de tranquillité. En novembre, un brin de désordre et une touche d’attention font la différence. Votre jardin n’en sera que plus vivant… et peut-être un jour, serez-vous salué par le regard franc de ce petit gardien à plastron rouge !

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